Hirune Hime : quand les animateurs s’emparent du réel

Sorti sur les écrans français il y a près d’un an, Hirune Hime fait partie des anime (aussi bien longs métrages que séries) qui n’hésitent pas à inviter des lieux réels du Japon contemporain dans leur imaginaire, à la manière d’un Durarara qui, déjà, en 2010, faisait du quartier d’Ikebukuro un personnage à part entière.

Ayant eut la chance de nous rendre à Kurashiki, théâtre principal de l’histoire d’Hirune Hime, nous avons décidé de revenir sur le long métrage de Kenji KAMIYAMA et d’examiner d’un peu plus près le travail des animateurs dans leur retranscription de ce jolie petit coin de Japon dont nous vous parlions le mois dernier.

Résumé : Kokone est une jeune lycéenne dynamique vivant à Kurashiki avec son père mécanicien. Elle a une fâcheuse tendance à s’endormir à tout va et, dans ses rêves, devient Ancien, jeune princesse du royaume de Heartland, où le peuple passe ses journées dans les embouteillages afin de se rendre à l’usine dans laquelle ils construisent les véhicules nécessaires à la prospérité du pays. Séquestrée à cause de ses pouvoirs magiques censés provoquer la ruine du royaume, Ancien est pourtant convaincu que ses dons, qui permettent de donner vie aux machines, sont en fait la clé pour en assurer l’avenir …

Kokone accordait peut d’importance à ses songes jusqu’à ce que son père soit arrêté par la police pour une histoire d’espionnage industriel dans des circonstances étrangement proches du monde magique dans lequel elle s’évade endormie. Y aurait-il un lien entre le monde d’Ancien et de Kokone ? Sont-ce de simple rêves ? Quel mystère cachent-ils ?

 

 

Sieste créative pour sommeil cathartique

Long métrage réalisé par Kenji KAMIYAMA (à qui l’on doit Ghost In The Shell – Stand Alone Complex), Hirune Hime est un joli film familial qui aborde, l’air de rien, les questions du Japon productiviste, de l’artisanat et de l’industrie familiale (mais aussi de ses dérives) en camouflant ce message sous les oripeaux d’un animé de fantasy classique, placé dans un univers steampunk.

On a ainsi deux niveaux de lecture pour deux publics différents, même si on est un peu frustré, en tant que spectateur adulte, de voir évacuées certaines confrontations et certains éléments de l’histoire par ce procédé … D’autant plus que cette alternance réel/fantastique s’opère généralement de façon très binaire, très franche, contrairement au cinéma de Terry Gilliam ou de Satoshi KON, où l’on a une contamination de l’un par l’autre qui se nourrissent alors réellement. Ici, le film est plutôt sage et les séquences de fantasy sont assez vite identifiées comme la mise en songe des histoires que Momo, le père de Kokone, racontait à sa fille encore enfant.

Hirune Hime ©2017 "ANCIEN AND THE MAGIC TABLET" FILM PARTNERS

Kokone s’éveille de ses songes ©2017 “ANCIEN AND THE MAGIC TABLET” FILM PARTNERS

Pour autant, l’approche de KAMIYAMA est plutôt intéressante et le film extrêmement sympathique malgré une certaine simplicité. A mesure que Kokone comprend mieux le sens de ses rêves s’opère une catharsis vis à vis de sa mère décédée peu après sa naissance, et l’on est sincèrement ému.

Hirune Hime ©2017 "ANCIEN AND THE MAGIC TABLET" FILM PARTNERS

Un moment de suspense ©2017 “ANCIEN AND THE MAGIC TABLET” FILM PARTNERS

Autre élément loin d’être étranger à la sympathie que provoque le film : le travail des animateurs qui, malgré un budget modeste, ont su créer un monde fantastique plutôt bien élaboré, avec des décors assez impressionnants, et surtout par l’utilisation de décors réels de Kurashiki (mais aussi lors d’une brève scène, d’Osaka). Ils ont ainsi saisi l’ambiance familiale de la ville côtière et plus particulièrement du quartier de Shimotsui ce qui rend le monde de Kokone et les personnages (même secondaires) très vivants.

Kurashiki à travers le prisme de l’animation

Nous avons d’ailleurs eu l’occasion de partir sur les traces de ces décors à Kurashiki même et de confronter animation et réalité. Jugez plutôt !

Les personnages principaux résident dans le quartier portuaire de Shimotsui, qui est donc un élément central de la première moitié du film. De nombreux lieux sont reproduits fidèlement, avec cependant parfois quelques arrangement dans les angles de vue (comme on le voit sur le premier des trois décors précédents) ou le placement de certains éléments du mobilier urbain, comme les poteaux électriques.

Ici par exemple, le commissariat de Kurashiki.

 

Ou bien ce bateau, qu’on a retrouvé en visitant le quartier.

Ici, on peut voir que la petite rambarde a été supprimée, mais que le niveau de détail conservé est impressionnant. L’ambiance des petites ruelles étroites de Shimotsui est bien là !

 

Certain éléments de décors ont été particulièrement mis en avant, comme les poulpes séchés, spécialité locale.

Autre élément prépondérant du décor : le grand pont de Seto, qui fait en quelque sorte la liaison avec le monde imaginaire de Heartland.

Une visite guidée par Joy, le petit compagnon de Kokone …

Au delà des décors même (ci-après, le cimetière de Shimotsui, lieu important de l’histoire), les animateurs ont surtout réussi à capter et retranscrire l’ambiance familiale et la lumière caractéristique du bord de mer, comme sur la photo suivante. Un jolie travail qu’on ne manquera pas de saluer et qui fait le sel du film.

 

Hirune Hime ©2017 "ANCIEN AND THE MAGIC TABLET" FILM PARTNERS

Hirune Hime ©2017 “ANCIEN AND THE MAGIC TABLET” FILM PARTNERS

 

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