Souvenirs (jap) animés #02 : Nadia, le secret de l’eau bleue

Après le célèbre City Hunter, notre nouvelle rubrique dédiée à la japanimation des années 1970 à 2000 se penche sur une icone féminine du genre et une histoire vers  le secret de ses origines : Nadia, le secret de l’eau bleue. Avec sa mystérieuse pierre qu’elle porte en pendentif, la jeune fille accompagnée de Jean, jeune génie scientifique, et de nombreux personnages marquants, cette série des années 90 nous emmène à la découverte d’une civilisation presque disparue et propose un hommage à Jules Verne dans un mélange réussi d’aventure et de science-fiction. Avec à la réalisation Hideaki ANNO entre autres et un scénario qui a marqué les esprits à l’époque, cette série de 39 épisodes a reçu il y a quelques années le titre de « meilleur anime du siècle »… ce qui lui vaut bien un numéro de Souvenirs (jap)animés !

https://youtu.be/uOmqOhGno6Y

 

Un tour du monde, vingt mille lieues sous les mers…

Paris, Exposition Universelle de 1889. Jean Rogue Lartigue est un inventeur de 14 ans, passionné de sciences et petit génie en la matière, même si ses inventions ont la fâcheuse habitude de tomber en panne. Mais Jean est très confiant : avec son oncle Henri, ils vont présenter le premier engin vraiment volant à l’Exposition et remporter le Grand Prix ! Néanmoins c’est sans compter sur le destin qui va mettre la belle Nadia, jeune artiste de cirque de 15 ans, sur le chemin du jeune homme.

Nadia à Paris, le début de l'aventureC’est le coup de foudre pour Jean, qui porte alors secours à la jeune adolescente et son lionceau, King. Vendue contre son gré par le cirque qui l’avait accueillie enfant avant de l’exploiter sans vergogne, Nadia tente de fuir ses nouveaux maîtres ; Gladys, une jeune aristocrate italienne désargentée accompagnée de ses hommes à tout faire, Hanson et Sanson. Ils n’en ont qu’après la mystérieuse pierre bleue qu’elle porte autour du cou, qui s’illumine de rouge à chaque danger mais qui, surtout, semble renfermer le secret des origines de l’adolescente.

La course poursuite initiée dans Paris se poursuit de la Seine à l’océan, opposant l’avion et la pugnacité de Jean au Gratan, véhicule steampunk et transformable à souhait des 3 bandits. Jean fait la promesse à Nadia de la sauver et de l’emmener en Afrique, sa terre natale. Mais un nouveau coup du destin propulse tous les personnages au cœur d’un mystérieux conflit, entre vengeance personnelle et renaissance d’une civilisation disparue, les Atlantes. Cette guerre sous-marine oppose le Capitaine Nemo et l’équipage du sous-marin le Nautilus, dotée d’une technologie incroyable, et le maléfique Gargoyle, fondateur de Neo-Atlantis, une puissante organisation voulant prendre le pas sur l’espèce humaine. Nadia, Jean, King sont rejoints par la jeune Marie, orpheline rencontrée sur une île, découverte aux côtés de ses parents inertes, tuées par Néo-Atlantis. Ils vont progressivement devenir des membres du Nautilus, rejoint par Gladys, Hanson et Sanson avec qui ils finiront par faire la paix. Mais Nadia rejette en bloc cette guerre meurtrière et accuse Nemo et son équipage de barbarie… Sans savoir le lourd passé du capitaine et les raisons qui font que, lui aussi, a en sa possession une autre pierre bleue !

S’ensuit une quête identitaire pour Nadia et une série de découvertes scientifico-historiques pour Jean qui les emmènent aux origines de l’humanité puis vers une vérité complexe et obscure… avant de devoir faire face à Gargoyle et Neo-Atlantis dans un ultime affrontement où les descendants du peuple déchu s’apprêtent à utiliser leur énorme avancée technologique pour asservir l genre humain et reprendre le contrôle de la Terre !

De MIYAZAKI au studio Gainax : genèse d’un hommage à Jules Verne

Même si Nadia, le secret de l’eau bleue (alias Fushigi no umi no Nadia – ou Nadia des mers mystérieuses) est l’une des œuvres clés du grand Hideaki ANNO avant son oeuvre phare Neon Genesis Evangelion, l’homme n’est pas à l’origine du projet, que l’on doit à un certain Hayao MIYAZAKI. En effet, alors que Nadia est diffusée au Japon entre 1990 et 1991 (en France, en 1991 dans une version censurée), c’est au milieu des années 70 que la Tōhō, l’une des plus grandes maisons de production de cinéma au Japon à qui l’on doit notamment Godzilla, embauche MIYAZAKI pour développer des idées de grandes séries TV. Parmi celles-ci, une adaptation de Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne devient une histoire de deux orphelins qui font équipe avec le capitaine Nemo et le Nautilus : Autour du monde, sous la mer. La série n’est cependant pas produite et reste dans les placards de la Tōhō pendant une dizaine d’années, même si quelques éléments ont été repris par MIYAZAKI dans Conan, le fils du futur (1978) ou Le Château dans le ciel (1986).

C’est en 1989 que le projet revit, quand la Tōhō et la NHK choisissent les studios Gainax pour produire une série destinée à la chaîne éducative de la NHK. Devant les changements que connaît le projet original de MIYAZAKI, un premier réalisateur jette l’éponge et c’est finalement Hideaki ANNO qui prend les commandes pour une série censée ne compter au départ que 30 épisodes (et non pas 39, mais nous y reviendrons !).

Hideaki ANNO et Hayao MIYAZAKI

Hideaki ANNO et Hayao MIYAZAKI

 

Au-delà de l’adaptation du roman Vingt mille lieues sous les mers, dont le personnage de Nemo et son Nautilus sont des éléments à la paternité évidente, c’est tout un ensemble de références à l’œuvre de Jules Verne que l’on trouve, tout comme la fascination pour la science de l’auteur, afin de produire une série universelle. Le message du premier épisode qui défie le téléspectateur de le suivre est inspiré du cryptogramme de Arne Saknussem dans Voyage au centre de la Terre. Le début de l’intrigue lors de l’Exposition universelle de Paris en 1889 annonce dès le départ un hommage à la science ; le personnage de Jean, son génie et surtout sa curiosité le sont tout autant, surtout après leur immersion à bord du Nautilus et ses technologies nouvelles très à la pointe pour l’époque (fission nucléaire et particules, manipulation génétique et chaînon manquant, etc).

A côté des sciences, Nadia, le secret de l’eau bleue prend aussi de l’ampleur dans de plus larges références. Les plus évidentes sont mythologiques comme l’Atlantide et la Tour de Babel pour ne citer qu’eux mais aussi artistiques (Goya, Boticelli, Munch, Hokusai !) et historico-géographiques (la cité de Tartessos, la galaxie M78, la fosse de Kermadec…). Les références sont aussi philosophiques et éthiques : l’homme et l’humanité, la science et ses usages, le véganisme et d’autres questions qui apportent leur lot de réflexion… Tout comme l’intérêt de Hideaki ANNO pour les théories ufologiques et l’origine extraterrestre de l’humanité ! Enfin, le courant steampunk est lui aussi de la partie, à travers la machine Gratan notamment, même si la série bascule clairement dans la science-fiction au fur et à mesure que l’on en apprend plus sur le Nautilus et la civilisation atlante.

 Nadia, nemo & le nautilus  Nadia Atlante nadia the secret of blue water_09

Du fait de ses innombrables références et une aventure parsemée de thématiques porteuses, Nadia, le secret de l’eau bleue se veut avant tout une œuvre universelle qui marquera les esprits par son scénario et sa profondeur mais aussi par ses personnages et l’humour que certains déploient, contrebalançant certains moments tragiques. Les protagonistes, justement, parlons-en…

Personnages : une galerie de son époque

Le néophyte ou le jeune amateur de japanime, à la vision de Nadia, le secret de l’eau bleue, pourrait aisément se fourvoyer et accuser la galerie de personnages de n’être qu’un agrégat de clichés. Cependant, en contextualisant un minimum la série et en se rappelant qu’elle date du début des années 90, on comprend qu’un cliché n’existe que par la répétition d’un modèle qui  a été, en son temps, innovant, avant d’être copié et recopié de manière industrielle.

NadiaNadia est par exemple l’archétype de la tsundere : orpheline qui le vit très mal, pacifiste et végétarienne totalement incomprise (à la fin du 19e siècle, en même temps !), Nadia est toujours en colère et en conflit avec les hommes voire avec l’humanité en général. Mais pour une série des années 90, en dehors de son véganisme rarissime dans la japanime, le profil tsundere est loin d’être fréquent lorsque l’on repense à toutes les héroïnes des décennies 70 et 80 (Candy, Princess Sarah, Heidi…). Sans aller jusqu’à dire qu’elle crée un genre, on peut tout à fait la qualifier d’héroïne assez moderne et dans la tendance de son époque.

Jean, lui, suit un profil plus universel du jeune inventeur passionné de sciences mais son amour pour les sciences et sa curiosité loin de toute morale va se heurter à la réalité des usages humains, qui utilisent les avancées technologiques pour le meilleur mais surtout pour le pire. Il perdra donc nombre de ses illusions y compris sur le plan personnel et supportera, avec brio, les humeurs de cette chère Nadia (il en faut du courage !). Il incarne plus globalement l’espèce humaine en devenir et l’espoir d’un monde meilleur où les erreurs des aînés ne seront pas répétées.

En dehors de ses personnages phares, la série décline toutes les grandes figures de l’animation japonaise moderne : Nemo, au delà d’être un brillant capitaine, est avant tout un adulte taciturne et ténébreux qui porte le poids de ses actes, avant de mieux les assumer dans la dernière partie et de se transformer en une figure albatorienne un peu too much mais libératrice. Gladys et Electra, toutes deux amoureuses de Némo, représentent deux facettes de la femme adulte : la séductrice et romantique à l’humeur volatile d’un côté et la femme érudite, intellectuelle et posée (mais couvant de violentes émotions, comme on le comprendra plus tard). Des hommes de main de Gladys, on retiendra Sanson : grand, sportif, amateur d’armes, sourire  ravageur et séducteur en toute circonstance, qui coche toute les cases du beau gosse au cœur tendre, qui s’attachera d’ailleurs à la petite Marie, 4 ans. Cette dernière, très adulte pour son âge, aura souvent un regard très amusant sur les autres personnages de la série et forme un duo avec King des plus hilarants (le lionceau multipliant pour sa part des parodies de l’homme viril à la japonaise).

Les seules véritables réserves sont peut-être à adresser au rôle de Gargoyle, qui ne sortira jamais de son prototype de méchant machiavélique qui enchaîne… les trucs de méchants : prise d’otage, meurtres de masse, costume criard et supériorité ostensiblement déployée à la moindre occasion. Très prévisible finalement, il n’a pour lui que l’avancée technologique de son peuple et qui ne surprendra jamais le lecteur, qui finira par le prendre au mieux en pitié, au pire avec dédain et ennui.

Mais dans l’ensemble, et sans évoquer des personnages de 3e plan qui font bien leur travail, la galerie des protagonistes est donc complète et tout à fait représentative de son époque, la devançant même un peu par moment, et préfigurant des modèles de la japanime des années 90 voire 2000, expliquant aussi pourquoi on parle encore de la série presque 30 ans après sa création.

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L’île mystérieuse et les épisodes de la honte

Mais évoquer Nadia et le secret de l’eau bleue en parlant de perfection de bout en bout serait mentir et cacher le calvaire qui attend le spectateur pendant une dizaine d’épisodes, du 23 au 34 plus précisément…

Prévu initialement en 30 épisodes, la série débute avec une réalisation plus que correcte, en dehors de quelques petites variations de qualité comme souvent à cette époque. Il faut dire que le staff compte Yoshiyuki SADAMOTO au chara-design, monument en devenir du studio Gainax mais aussi, et on le sait moins, co-chara-designer de nombreux film de Mamoru HOSODA (sur La Traversée du temps, Summer Wars, Les Enfants loups, Ame et Yuki). Au mecha-design et au stroyboard, on peut aussi compter sur Mahiro MAEDA tantôt designer (des anges dans Evangelion, des armes de Samurai Champloo) et animateur clé dans quasiment tous les premiers films des studios Ghibli de 1984 à 1992. Enfin, Nadia ou le secret de l’eau bleu, c’est aussi une bande-son, celle de Shirô SAGISU (Neon Genesis Evangelion, Kimagure Orange Road, Bleach, ou plus récemment Shin Godzilla) qui donnera une âme d’une grande profondeur à certains épisodes clés.

Mais en dépit de ce staff et des deux premiers tiers de la série sans véritable fausse note, des retards de production s’accumulent et le budget dépasse les capacités de Gainax. Il faut dire que le succès de la série est telle que les producteurs vont arbitrairement décider de rallonger la longueur de la série de 30 à 39 épisodes mais sans vraiment lui confier plus de moyen, tant et si bien que la qualité des épisodes a dû être réduite au milieu de la série. Pour jouer les prolongations, Hideaki ANNO délègue la réalisation des épisodes 23 à 34 à Shinji HIGUCHI et l’animation a été sous-traitée à d’autres studios au Japon et en Corée. Partant du concept de L‘île mystérieuse de Jules Verne, nos héros échouent sur une île puis se perdent en Afrique. La qualité en prend un coup, tant sur le plan de la réalisation que sur celui du scénario. En 10 épisodes on ne retiendra que l’évolution de la relation Jean/Nadia car tout le reste n’est que parodie et remplissage d’épisodes, y compris certains qui pompent allègrement d’anciennes scènes de la série.

Nadia champignon

Dites non à la drogue et aux épisodes sous-traités !

C’est seulement dans les cinq derniers épisodes que la série revient à sa qualité d’origine. Ainsi, le fan avisé de l’animé pourra carrément sauter les épisodes 24 à 30 et regarder les 4 suivants en lecture rapide. Car le final mérite de ne pas abandonner la série avant la fin qui permet d’oublier l’affront.

 

Si cet écueil permet difficilement d’adhérer au titre de « meilleur anime du siècle » que lui a décerné le magazine Animage, Nadia ou le secret de l’eau bleue n’en demeure pas moins une série exceptionnelle, tout comme son héroïne qui fut l’une des icônes d’une génération. Les génies de ANNO et de MIYAZAKI pour fusionner les aventures de Jules Verne à de la science-fiction et des théories modernes de l’origine de l’humanité en ont fait une aventure totalement universelle à l’ambition rarement rencontrée depuis, à l’image des Mystérieuses Cités d’Or qui ont marqué les années 80 et qui y a laissé son empreinte. Il marque aussi la fin de cette tendance universaliste et le début des animés destinés aux fans de ce media ou à des thématiques comme la SF, le moe, le mecha… Souvent excellent dans leur domaine, certes, mais ne cherchant pas forcément à en sortir, à l’exception de quelques grands classiques comme Cowboy Bebop, Full Metal Alchemist, Samurai Champloo ou Neon Genesis Evangelion ou encore, mais au cinéma, les films du studio Ghibli des mêmes décennies.

Si Nadia ou le secret de l’eau bleue commence aujourd’hui à prendre un peu la poussière sur le plan technique, il n’en est pas moins inscrit, pour encore une ou deux décennies au moins, au panthéon de la japanime. Car au-delà de ses nombreuses qualités, il est sans doute, finalement, un marqueur de son temps.

Nadia

 

Pour en savoir plus…

Nadia, le secret de l’eau bleue est disponible en intégrale blu-ray ou DVD chez l’éditeur Dybex.

Existe également, un film, des artbooks des jeux sortis sur PC98, NES, PC-Engine et Mega Drive et même un jeu de mah-jong sur PlayStation dans lequel les personnages de Nadia rencontrent ceux d’autres séries de Gainax, comme Evangelion). On ne résiste pas enfin de vous proposer un vieux making of de la série, disponible sur la chaîne you tube AnnoCinema :

https://www.youtube.com/watch?v=3jXRi3ncJbs

Pour en savoir plus Hideaki ANNO et ses œuvres, retrouvez notre dossier Hideaki ANNO : L’ingénu qui souhaitait (s’)aider 

Note : Les prénoms de cet article sont ceux de la version japonaise, vous pouvez retrouvez l’équivalent français sur la fiche Wikipédia de Nadia, le secret de l’eau bleue.

Découvrez également toutes les séries japanime du siècle dernier dans notre rubrique Souvenirs (jap) animés.

Paul OZOUF

Rédacteur en chef de Journal du Japon depuis fin 2012 et fondateur de Paoru.fr, je m'intéresse au Japon depuis toujours et en plus de deux décennies je suis très loin d'en avoir fait le tour, bien au contraire. Avec la passion pour ce pays, sa culture mais aussi pour l'exercice journalistique en bandoulière, je continue mon chemin... Qui est aussi une aventure humaine avec la plus chouette des équipes !

5 réponses

  1. Marine dit :

    Wah super article qui ramène à fond dans la nostalgie. J’ai appris plein de choses sur ce vieil animé que je regardais avec mon père quand j’étais petite…. Je vais me le repasser

    • Paul OZOUF dit :

      Bonjour Marine,

      Paul OZOUF, rédacteur de l’article. Merci de nous avoir lu et ravi que ça vous plaise. Moi ça m’a rappelé mes années collèges quand l’anime passait au retour de l’école et je le regardais en douce avant de faire mes devoirs ^^

      Bon re-visionnage !

  2. Il y a un film?! Je ne le savais pas.

    Très bon article, en tous cas, peut-être un peu spoiler pour qui ne connait pas du tout la série.
    Mais c’est du beau travail, je ne connaissais pas du tout le coté création.
    A savoir que l’un des artistes de la série a travaillé avec Game Arts sur le chara-design des RPG Lunar, qui du coup ressemble un peu à Nadia! 😀

    To the next « souvenir »… 🙂

  3. pitichampi dit :

    Très sympa de redécouvrir une série que j’ai adoré.

    Il est à noter que Disney (par l’intermédiaire de son producteur Don Hahn), après avoir outrageusement pompé l’histoire du Roi Leo dans le Roi Lion, recommencera ici avec Atlantide, l’Empire Perdu (bien qu’il ait affirmé le contraire). De là à dire que c’est une preuve de plus que cet anime est un grand chef d’oeuvre…

    Pour ma part l’excellente bande son passe régulièrement dans ma (longue) playlist iTunes ^^

  1. 12 février 2020

    […] Evangelion ou, pour reprendre nos trois derniers épisodes de Souvenirs (jap) animés : Nadia ou le secret de l’eau bleue, Wolf’s Rain et le légendaire Gundam… La liste est incroyablement longue, en […]

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