[Attentes Mangas] En août, pour 2020, les mangas ne prennent pas de vacances !

Avec une année sans Japan Expo, les mangas ont abordé la période estivale de manière plus progressive et juin, juillet comme août ont chacun droit à leur part du gâteau cette année… Votre porte-monnaie n’ayant pas fini en PLS après JE, vous pouvez donc retourner chez votre libraire pour aller chercher une petite pile de lecture pour en profiter sous le parasol …

Voici donc les attentes d’août 2020 de l’équipe de Journal du Japon. Au programme, un focus sur les nouveautés et les suites les plus attendues et du coup de cœur pour les séries courtes en fin d’article.

Bonne lecture !

 

Août 2020 : les nouveautés manga

Shigurui – Meian Éditions

Shigurui-1-meianPour mon attente d’août, je jette mon dévolu sur Shigurui, de Takayuki YAMAGUCHI dont le tome 1 est à paraître le 14 août. Mais il faudrait plutôt parler d’attente de ces dernières années, puisque ce manga déjà édité par Panini entre 2006 et 2013 est depuis longtemps inaccessible.

En éditant d’abord Les 7 ninjas d’Efu (2015), l’éditeur Meian a pris le pouls de sa communauté quant à l’acquisition d’un vieux titre comme Shigurui (2004), ce qui peut toujours sembler risqué. Et il faut croire que la solide fanbase autour de ce titre a vite su convaincre le jeune éditeur ! Une telle ferveur est compréhensible tant celui-ci est culte auprès des amateurs de mangas adultes. Le trait de Takayuki YAMAGUCHI a un petit quelque chose de Kentaro MIURA sur les débuts de Berserk, et ce n’est pas là le seul lien avec ce dernier.

Lire Shigurui c’est prendre le pari de ressentir une lame aiguisée s’enfonçant profondément dans la chair tant les planches du mangaka sont aussi gores que précises. C’est simple : ce manga pourrait être un manuel d’anatomie tant chaque muscle, veine, artère ou boyau sont méticuleusement dessinés ! Il n’y a qu’à voir la couverture du tome 1.

La réédition de Shigurui est donc une bénédiction, car il est important que des œuvres fortes comme celle-ci soient disponibles pour les amateurs de manga. (Olivier)

Trait pour trait, dessine et tais-toi ! – Éditions Akata

trait_pour_trait_dessine_et_tais-toi_4499Comme le disait ici son éditeur, Akata, « quoi de mieux que l’autobiographie en manga d’une des mangakas les plus emblématiques de sa génération ? » Akiko HIGASHIMURA, la mangaka que nous avons pu découvrir en France avec Princess Jellyfish, primée à Angoulême pour Le Tigre des neiges, demeure pourtant méconnue du grand public, comme une très lourde majorité des auteures shôjos me direz-vous, alors que la qualité de ses mangas est indéniable et qu’elle fait une une relative unanimité parmi les amoureux de la BD japonaise.

Ce nouveau titre est une occasion parfaite pour faire connaissance : Trait pour trait, dessine et tais-toi !, dévoile son parcours et les coulisses du monde du manga à travers la vie d’Akiko Hayashi, lycéenne de la préfecture de Miyazaki. Très jeune, elle savait qu’elle voulait devenir dessinatrice de shôjo mangas, et avait déjà fantasmé tout son plan de carrière : l’âge auquel elle enverrait ses premiers travaux aux éditeurs, celui auquel elle serait publiée, celui auquel son manga serait adapté en anime… Persuadée que son génie auto-proclamé suffirait à lui ouvrir toutes les portes, elle va pourtant être rattrapée par la réalité. Car en dernière année de lycée, sa rencontre avec un prof d’une petite classe d’arts à l’écart de tout, va violemment la ramener à la réalité. Ce professeur étrange, plutôt sévère et armé de son sabre en bambou, va profondément changer sa vie … Une série à l’image de son auteur : unique, avec plusieurs prix dont un qui nous plaît beaucoup à JDJ : le Manga Taisho Award de 2015.

Rendez-vous le 27 août pour les débuts de cette série en 5 tomes. (Paul)

Moi aussi – Editions Akata

moi-aussi-akataC’est toujours grâce aux Editions Akata que nous allons pouvoir lire un nouveau manga de Reiko MOMOCHI à qui l’on doit le troublant Double Je et le touchant Daisy – Lycéennes à Fukushima : Moi aussi.

Cette fois nous plongeons dans le monde du travail et l’un de ses fléaux : le harcèlement sexuel. Satsuki Yamaguchi travaille en intérim en tant qu’opératrice dans un service client téléphonique. Elle est aussi formatrice pour les nouveaux employés. Très investie dans son travail, elle devient malheureusement la cible du harcèlement sexuel d’un de ses supérieurs. Ce récidiviste notoire a jeté son dévolu sur Satsuki … Sombrant peu à peu dans la solitude et l’isolement, la jeune femme réussira-t-elle à briser la loi du silence ?

Cette histoire est tirée d’une histoire vraie et raconte le son combat d’une femme pour faire éclater l’affaire au grand jour et faire valoir ses droits dans un monde patriarcal qui ne voit pas où est le problème. Cette série en deux tomes seulement promet d’être très intéressante, dépeignant ce Japon où le #Metoo a eu un retentissement très (trop) faible. (Tatiana)

La suite tant attendue…

Nos c(h)oeurs évanescents #3 – Editions Akata

nos-c-h-oeurs-evanescents-tome-3-1357395-264-432Yutaka Aoi fait son entrée dans un tout nouveau collège, venant d’emménager avec sa mère. Particulièrement sensible aux sons et bruits qui l’entourent, parfois touché jusqu’à en pleurer, il décide malgré tout de rejoindre la chorale de l’école. C’est à l’aide de ce don qu’il va se faire amis et ennemis dans sa nouvelle vie.

Yuhki KAMATANI nous a déjà bluffés avec sa série d’Éclat(s) d’âme, en 3 tomes et également chez Akata. On reconnaît dans Nos c(h)oeurs évanescents la même sensibilité des personnages, le même souci du détail, et ces planches poétiques à chaque fois que le jeune Aoi se met à chanter, bluffant ceux qui l’écoutent.

Chaque tome, en plus de nous dépeindre le quotidien d’Aoi, semble se concentrer sur un personnage différent, nous plongeant dans sa vie de famille et nous racontant son rapport à la musique. A défaut d’avoir une adaptation animée pour l’instant, nous attendons avec impatience la sortie du troisième tome, le 20 août, chez Akata. (Camille)

Girl’s Last Tour #3 et 4 – Omake Books

girl-last-tour-3-omakeDeux jeunes filles et un tank face à un monde en ruine. Cette courte phrase suffit à résumer l’originalité, l’intérêt et la profondeur de Girls’ Last Tour.

Vous le connaissez peut-être par son adaptation animée, sortie en 2017 chez Wakanim en France, à laquelle nous avions dédié cet article. Mais Girls’ Last Tour est à la base un manga en 6 tomes écrit et dessiné par TSUKUMIZU, de 2014 à 2018. C’est avec un peu de retard qu’elle arrive en France en 2020 chez Omake Books.

On a affaire ici à un mélange unique entre l’errance solitaire dans des structures architecturales impossibles comme dans Blame ! et l’innocence et la candeur de séries d’animation de type moe. Des liens profonds se tissent au fil des rencontres, du voyage et des discussions philosophiques, non seulement entre les personnages mais aussi entre le lecteur et l’oeuvre. Ne vous attendez pas non plus à une montagne d’actions, Girls’ Last Tour est un titre contemplatif, un virage à 180° du genre de l’iyashikei.

Sautez dessus si ce n’est pas déjà fait, le tome 3 de Girls’ Last Tour sort le 13 Août suivi du tome 4 le 27 du même mois. (Eliot)

 

Bonus :  c’est pas la taille qui compte !

Après le coup de cœur de notre rédac-chef pour les éditions Casterman dans les attentes manga de juillet, c’est cette fois-ci un format que notre chère Charlène tenait à mettre à l’honneur …

Dead_Company-1-ki-oonS’il y a bien une chose sympathique avec le planning éditeur de ce mois d’août 2020, c’est que, et oui, il y a encore de nouvelles séries qui paraissent, qui plus est par des mangakas qui ne sortent, eux, pas de nulle part, mais sans partir pour autant dans des séries fleuves : il s’agit du dernier TONOGAI Yoshiki (Judge, Doubt…) chez Ki-oon avec Dead Company qui nous promet un petit thriller en 3 volumes bien alléchant au sein d’une grande entreprise :

Ryosuke est le seul survivant d’un terrible massacre. Il ne sait pas pourquoi il s’est retrouvé impliqué dans cette tragédie, ni qui se cachait sous le masque de lapin porté par le responsable… Ces événements traumatisants lui permettent trois ans plus tard de décrocher un emploi de rêve dans la célèbre firme Dead Company, spécialisée dans la production de jeux vidéo de survie. Elle recrute sur un critère étrange : avoir vécu une expérience hors norme…

Le jeune homme est ravi de travailler dans un environnement décontracté, chaleureux et valorisant. Ses propositions pour rendre la tâche plus ardue aux joueurs qui entre-tuent à l’écran sont saluées par sa hiérarchie. Pour la Dead Company, son expérience vaut de l’or ! Mais les mignons personnages qui évoluent à l’écran dissimulent en réalité des humains de chair et de sang, contraints de participer à un véritable jeu de mort.

Le Devoreur de souvenirs T1Puis il y a ensuite cette nouvelle série en deux volumes, publiés en même temps le 26 août : Le dévoreur de souvenirs chez Delcourt/Tonkam, écrit par Kyoya ORIGAMI et dessiné par Nachiyo MURAKAMI, qui nous offre un dessin déjà agréable à l’œil sur sa couverture avec en trame de fond une légende urbaine et une amnésie. Que demander de plus ?

Ryôichi, étudiant, mène des recherches sur les légendes urbaines et s’intéresse à la façon dont elles sont propagées. Alors que plusieurs personnes perdent étrangement la mémoire autour de lui, il entend parler d’un mystérieux monstre, le Kiokuya, qui se nourrit de souvenirs. Mais ce Kiokuya existe-il vraiment ? Et pourquoi chercherait-il à effacer la mémoire de ceux qui viennent le voir ?

Sayonara_Rose_Garden_1_komikkuEt puis, enfin, un beau combat féminin dans l’Angleterre victorienne si on en croit son synopsis, et un graphisme tout en détail et romantisme pour porter une histoire intrigante : Good-Bye My Rose Garden du côté de Komikku, en trois tomes, qui sera lancé le 27 août.

Hanako a traversé le monde entier depuis son Japon natal jusqu’à Londres afin de rencontrer son auteur favori : Victor Franks. Malheureusement, la maison d’édition de ce dernier refuse catégoriquement de révéler son identité et la jeune japonaise se retrouve désespérée, sans nulle part où aller. Alice, une jeune aristocrate anglaise la recueille et lui propose un poste de femme de chambre dans sa somptueuse demeure. Une belle amitié naît alors entre les deux femmes, surtout grâce à leur passion commune pour la lecture. Un jour, Alice fait une étrange proposition à sa femme de chambre. Elle peut l’aider à rencontrer le célèbre Victor Franks, mais à une seule condition : il faut que Hanako la tue !

On peut donc aisément se faire plaisir, que l’on cherche un bon manga noir, une romance atypique ou une recherche de vérité ! C’est toujours difficile de s’y retrouver aujourd’hui, mais cette fois votre porte-monnaie pourrait fort bien vous remercier de ces maigres achats qui pourraient pour autant nous enrichir l’esprit. Pour ma part, je pense bien me laisser tenter par les trois !

 

Et vous, plutôt one-shot, histoires en 5 tomes et moins … ou éternel amoureux des séries fleuves ? Racontez-nous tout en commentaire !

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2 réponses

  1. Fatima Gonçalves dit :

    Savez-vous quand sortira le prochain berserk

    • Paul OZOUF dit :

      Bonjour Fatima,

      Paul OZOUF, rédac-chef.

      Très bonne question et merci de nous lire 🙂

      Il y a pas eu de nouveau chapitre pendant presque un an (d’août 2019 à avril 2020) et l’auteur n’a repris au Japon que depuis peu. Donc si tout se passe bien on pense à 2021, croisons les doigts et surveillons surtout la sortie des chapitres au Japon et du tome 41 là bas !

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