Resident Evil Village : un conte gothique

Voilà maintenant 4 ans que Capcom a réussi à surprendre les joueurs en proposant un opus rafraîchissant d’une franchise à la dérive, le bien nommé Resident Evil VII. Premier titre canonique en vue FPS d’une série datant de 1996, il venait renouer avec les bases même de la série, à savoir nous proposer un réel Survival Horror. Il en profitait pour nous introduire de nouveau personnages, dont un nouveau protagoniste du nom d’Ethan Winters qui, après avoir reçu un message de sa femme disparue, se retrouve pris au piège dans la demeure de l’effrayante famille Baker. Fort de son succès, Capcom revient aujourd’hui avec ce nouvel et huitième opus canonique du nom de Resident Evil Village sur Playstation 4, Playstation 5, Xbox Series, Xbox One et PC. Mais que vaut-il réellement ?

Bienvenue en Europe

Resident Evil Village reprend l’histoire trois années après le septième opus de la saga. Nous y retrouvons Ethan et Mia Winters, vivant désormais en Europe sous la protection de Chris Redfield, avec leur petite fille Rose, essayant par tous les moyens d’oublier les événements de la Louisiane. Mais tout cela va vite les rattraper quand un soir Chris Redfield et son équipe débarquent pour kidnapper Rose, sans explication. Après cette courte introduction, notre héros se retrouve malgré lui dans un petit village perdu dans les montagnes en Roumanie. Un paysage enneigé, un immense château, du brouillard, des maisons abandonnées et une poignée de survivants, tout est là pour poser l’atmosphère et l’ambiance du titre. Force est de constater que le RE:Engine fait très bien le travail, donnant un aspect assez photoréaliste aux décors, malgré quelques petits défauts d‘aliasing et de textures par-ci par-là, il n’y a pas à dire, le moteur de jeu made in Capcom en a sous le capot. Le sentiment de danger qui rôde est bien présent. Une introduction plutôt réussie donc, puisque nous sommes littéralement pris dans l’histoire et le joueur se pose alors un million de questions sur ce qu’il vient de se passer.

Resident Evil Village

Il y a un nouveau shérif en ville ©2021 Capcom

Contrairement à son prédécesseur, cet opus plus orienté action, laisse un peu tomber le côté désarmé et vulnérable que nous ressentions dans le précédent opus. Cependant il va falloir vite se mettre dans le bain et comprendre les mécaniques du jeu car tout se passe assez rapidement au début, il n’y a pas de temps d’acclimatation et nous nous retrouvons assez rapidement face à une horde de lycans prêts à en découdre. Il sera possible dans certaines scènes de se barricader, de tirer sur des sacs de farine pour aveugler ses ennemis, ou encore pouvoir les faire exploser via des barils. Mais soyons clair, ces éléments n’apportent pas de plus-value au gameplay.

A propos du gameplay, si les remake de l’épisode 2 et 3 ont conservé la vue à la troisième personne, nous retrouverons ici une vue à la première personne, et c’est tant mieux, cela permet de renforcer l’immersion et la sensation de peur chez le joueur. Il y a également un gros travail effectué sur le sound design qui ne fait que nous retranscrire la peur et l’angoisse des différentes zones du jeu, entre les grognements des loups garous, et les bruits en tout genre, vous serez servi. Il faut se l’avouer c’est aussi ça que l’on cherche. On regrettera tout de même l’absence du mode VR.

Un hommage à Resident Evil 4 ?

Cet opus, dans son ambiance, ses mécaniques et son background nous rappelle fortement un fameux Resident Evil 4. Outre le lieu, un village perdu en Europe, (le quatrième opus se situait dans un village Espagnol) et certaines zones, nous retrouvons un marchand mystérieux, nommé « Le Duc », qui propose comme dans le quatrième épisode d’acheter armes et améliorations, remède et nourriture permettant d’augmenter de façon permanente nos statistiques telles que la santé ou la résistance aux dégâts. Pour pouvoir acheter tout cela il faudra bien évidemment gagner de l’argent, les « Lei » à la sueur de votre front en tuant des ennemis ou en revendant des trésors trouvés un peu partout dans le jeu, quand bien même vous aimez explorer. Vous retrouverez le marchand dans des safe-zone, ce qui vous permettra de souffler un peu, de sauvegarder grâce aux fameuses machines à écrire mais aussi de discuter un peu avec celui-ci qui vous racontera quelques petites histoires sur les personnages et le village.

Le Duc

Le Duc ©2021 Capcom

Nous retrouverons également le système de stockage présent dans les anciens épisodes de la série, il faudra donc gérer son stock de munitions et d’items, même si là encore cet aspect gestion de stock n’est pas vraiment contraignante et n’apporte rien puisque tous les objets de craft, objets clés et objets à vendre ne seront eux pas à compter là-dedans. Il sera donc rare de devoir se débarrasser d’un quelconque objet pour faire de la place pour un autre. Ainsi les dilemmes que devraient générer un tel élément de gameplay son inexistants et ce dernier ne sert au final qu’à rendre le jeu plus archaïque qu’autre chose. En tout cas en première partie. Car il sera possible d’acheter plus d’armes dans un New Game +, encore une fois similaire à celui de Resident Evil 4, vous pouvez donc refaire le jeu d’une traite avec des munitions infinies et des armes plus puissantes. De même que les munitions qui dans certains épisodes sont une denrée rare, ici ne le sont pas. Et c’est d’autant plus le cas qu’il est possible de les fabriquer voir d’en acheter.

Resident Evil Village se situe donc à mi-chemin entre un Resident Evil 7 et un Resident Evil 4, mais celui-ci n’arrive pas en revanche, outre ses références bien léchées, à nous surprendre et c’est bien dommage.

Un conte gothique

Nous pouvons voir Resident Evil Village comme un gros train fantôme, plutôt réussi dans son ensemble. Il parvient parfois entre deux scènes d’action ou d’énigme à nous faire sursauter, à nous faire stresser. Nous nous retrouvons souvent poursuivi par une créature après laquelle la fuite est fortement recommandée – même si, pour les plus courageux et les plus téméraires il sera bien évidemment possible de les affronter.

Le bestiaire de cet opus est un de ces points forts : zombie, lycans, vampires et autres gargouilles seront aux programmes. C’est une première de rencontrer ce genre de créature dans un Resident Evil et le renouvellement du bestiaire fait du bien à la série et offre de nouvelles perspectives.

Lycans Resident Evil Village

©2021 Capcom

Le jeu est découpé en plusieurs zones avec comme hub le centre du village qui nous permettra d’accéder petit à petit à chaque lieux grâce à différentes clés récupérées le long de la partie. Le tout est assez bien rythmé. Chaque zone possède une ambiance et des décors différents aussi immersifs que magnifiques.

Chateau de Dimitrescu Resident Evil Village

Le magnifique château de Dimitrescu ©2021 Capcom

Ces zones, que nous pouvons voir comme des arcs narratifs vous permettront d’affronter les membres d’une famille reconstituée assez déjanté qui dirige la ville, avec à leur tête Mère Miranda. Le thème de la famille comme dans le précédent titre est largement représenté.

Vous retrouverez donc :

Lady Alcina Dimitrescu, et son magnifique château, une vampire accompagnée de ses trois filles aussi dangereuses les unes que les autres. Celle-ci n’est d’ailleurs pas sans rappeler la comtesse Élisabeth Báthory, comtesse hongroise et surnommée « Comtesse sanglante » en raison de la légende qui entoure son personnage, celui de s’être baignée dans le sang de ses victimes afin de ne pas vieillir.

Resident Evil Village - Lady Dimitrescu

Lady Dimitrescu ©2021 Capcom

Karl Heisenberg, un ingénieur, sorte de Dr Frankenstein vivant dans son usine familiale et possédant des pouvoirs lui permettant de contrôler les champs magnétiques et ainsi pouvoir agir sur le métal.

Resident Evil Village - Karl Heisenberg

Le charismatique Karl Heisenberg ©2021 Capcom

Salvatore Moreau, une créature difforme vivant dans un immense réservoir en quête de reconnaissance.

Resident Evil Village - Moreau

Salvatore Moreau ©2021 Capcom

Donna Beneviento vivant dans sa propre demeure familiale, est une femme habillée en noir et manipulant les poupées façon film d’horreur. Peut-être la partie d’ailleurs qui vous donnera le plus de sueur froide.

Resident Evil Village - Dona

Viens jouer avec moi ! ©2021 Capcom

Et enfin Mère Miranda, mystérieuse cheffe du village vénérée par tous.

Resident Evil Village - Mère Miranda

Mère Miranda ©2021 Capcom

Il faudra donc tour à tour affronter ces personnages haut en couleur qui possèdent tous leur propre personnalités. Pièges, monstres et énigmes seront bien évidemment de la partie. Petit bémol en revanche, même si on reconnaît les efforts de design et le travail apporté, certains personnages sont mieux écrits que d’autres et pourra vous laisser sur votre faim. Le combat contre Donna Beneviento sera par exemple le plus rapide et on aurait voulu en voir davantage. Peut-être que l’ensemble manque de cohérence dans l’écriture et la profondeur. Il en est d’ailleurs de même pour des personnages comme Chris Redfield, qui est de retour mais qui aurait pareillement mérité qu’on s’y attarde un peu plus, d’avoir un peu plus d’enjeu.

Finalement Resident Evil Village réussit en partie son pari grâce à : son ambiance gothique travaillée, sa variété dans les paysages et lieux visités. l’histoire loin d’être excellente, usant parfois de facilité scénaristique un peu grossière, se révèle néanmoins intéressante de par ses révélations qui apporte quelques éléments de réponses concernant l’épisode VII.





Resident Evil Village reste alors une très bonne surprise, aussi bien techniquement que par son ambiance ou ses mécanismes propre à l’identité des Resident Evil. L’esthétique soignée de certains lieux tels que le château de Dimitescu ou l’usine d’Heisenberg parviennent à nous scotcher. Il faudra compter en tout et pour tout une dizaine d’heure de jeu sans trop se presser pour en venir à bout, et si vous le souhaitez, les défis et le New Game + proposé vous permettra de prolonger l’expérience avec des bonus non négligeable. Cependant on va regretter son manque de profondeur et son inégalité dans le traitement de certains de ses personnages, de certains lieux, dans le scénario ainsi que son dosage action/peur/énigme. Mais rassurez-vous, cela ne gâche en rien l’expérience globale du soft. Au vu du final spectaculaire du jeu et de sa tournure scénaristique, il y a fort à parier que Capcom travaille déjà sur une suite centrée sur la famille Winters. Et celle-ci pourrait apporter beaucoup de réponses laissées en suspens et, on espère, corriger les quelques défauts du titre. Si vous avez aimé le précédent opus, nous ne pouvons que vous conseiller celui-ci qui vous permettra de retrouver Ethan. Si vous n’avez pas joué au VII nous vous conseillons de le faire en amont pour avoir toutes les billes en main pour vraiment savourer ce nouvel épisode 

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