Hokusai au Grand Palais : des livres pour accompagner votre visite

affiche hokusaiÀ l’occasion de l’exposition Hokusai qui se tient jusqu’au 18 janvier 2015 au Grand Palais à Paris, Journal du Japon vous propose des livres pour découvrir ou redécouvrir ce grand artiste.

Né en 1760, Hokusai est entré dans le monde des arts en tant qu’apprenti dans un atelier de gravure, où il dessine ses premiers portraits. Déjà soucieux d’apprendre et de progresser (ce qui le caractérisera toute sa vie), il s’intéresse aux différentes écoles et à l’art occidental. Vers 1794, il intègre une école classique et connaît son premier succès avec l’illustration d’un recueil poétique. Il produit ensuite beaucoup d’albums et d’estampes. En 1804 a lieu un événement souvent cité dans les livres : Hokusai peint un Daruma géant au moyen d’un balai et d’un seau. En 1812, il part voyager et publie deux ans plus tard sa manga, d’impressionnants recueils de ses carnets de croquis. 1831 est l’année de la publication des célèbres 36 vues du Mont Fuji, mondialement connues. Il continuera à produire des œuvres jusqu’à sa mort en 1849 : il laisse une œuvre prolifique de plus de 30 000 dessins. Il aura dans sa vie changé plusieurs fois de nom, souvent connu la misère, mais aura toujours gardé en lui cette envie de peindre, de regarder au-delà de ce qui est visible.

Pour ceux qui veulent approcher son trait de pinceau :

hokusaimanuelsdessinLes éditions Philippe Picquier publient à l’occasion de l’exposition un superbe coffret HOKUSAI – Manuels de dessin comprenant deux manuels de dessin du maître : le manuel de dessin d’un seul trait de pinceau et le manuel de dessin en trois styles, ainsi qu’un petit fascicule de Manuela Moscatiello permettant de comprendre qui était Hokusai et expliquant chaque dessin (qui sont les personnages représentant des dieux ou des métiers de l’époque, quels sont les objets, plantes ou animaux représentés, avec des éléments sur les saisons, les coutumes, les costumes, les usages), afin de nous faciliter la compréhension de chaque trait.

De tels manuels pour l’étude du dessin existaient au Japon depuis la fin du XVIIIe siècle et permettaient pour un prix modique aux élèves et aux amateurs d’apprendre et de s’entraîner.

Ouvrir ce coffret, c’est d’abord découvrir des manuels reliés de façon traditionnelle, ouvrir de grandes pages sur lesquelles les traits apparaissent dans toute leur simplicité et toute leur dynamique, c’est l’impression de sentir le pinceau glisser sur le papier, respirer l’âme du maître ! Dans ces deux manuels vibre « la manga », ces esquisses rapides qui ont fait d’Hokusai un précurseur et un père pour tous les dessinateurs de mangas contemporains. Le génie réside dans la combinaison d’une méthode systématique et rigoureuse pour une approche analytique du dessin, et d’un trait imprévisible comme doté d’une vie propre, d’une énergie qui fait déborder de vie le moindre petit dessin.

Le manuel de dessin en trois styles, publié en 1816 puis republié à plusieurs reprises en raison de son énorme succès, nous apprend comment dessiner un même sujet (hommes, femmes, divinités, animaux) dans différents styles :

–                    le style formel au trait net et fort, à la structure solide

–                    le style semi-formel au trait plus large, plus souple

–                    le style cursif ou informel aux traits simplifiés, en « écriture d’herbe »,élégants et à la fluidité rythmée

Il est parfois difficile de différencier les styles (l’ordre n’est pas toujours aussi limpide, les styles sont mélangés, et c’est là que les explications de Manuela Moscatiello sont très utiles) mais la magie est là ! Mention spéciale pour les animaux dont le réalisme est digne d’une planche de zoologie.

hokusaimanga

Le manuel de dessin en un seul trait de pinceau nous montre qu’il est possible de réduire une expression graphique à sa forme la plus élémentaire. Nous sentons la virtuosité d’Hokusai dans le maniement du pinceau. Il y a aussi beaucoup d’humour dans ces petits dessins à la fois simples et tellement vivants !

Pour les enfants :

vieuxfoudessinDécouvrir le Edo d’Hokusai avec un petit garçon : Le vieux fou de dessin de François Place, en grand format coloré chez Gallimard jeunesse ou en poche noir et blanc chez Folio junior.

Tojiro est un petit garçon de 9 ans orphelin, qui vit chez son oncle et sa tante, et qui passe sa journée à vendre des gâteaux de riz dans les rues d’Edo. Il se lie d’amitié avec un vieil homme qui n’est autre que le grand Hokusai à la fin de sa vie. Le peintre prend Tojiro sous son aile : le matin le petit garçon travaille pour lui et le reste du temps Hokusai lui apprend à lire et à écrire. Tojiro va visiter un atelier de gravure avec le maître et comprendre ainsi la création d’une estampe. Puis ils iront voir des tournois de sumô. Hokusai évoquera aussi ses souvenirs, les personnes qui ont compté dans sa longue vie. Le vieillard et l’enfant s’amusent aussi beaucoup, dansant avec leurs pinceaux. Hokusai apprend aussi à Tojiro à regarder en silence pour que le bruit ne chasse pas la beauté des choses fragiles.

Ce livre permet aussi de découvrir les œuvres d’Hokusai : le visage géant de Daruma, la grande vague de Kanagawa (qui est visible à l’exposition), mais aussi la Manga (dessins au fil de la pensée) qui prouve à quel point Hokusai était un peintre visionnaire.

Le livre offre donc à la fois une très belle histoire d’amitié entre un vieillard et un jeune garçon, et une source d’informations pour comprendre l’œuvre et la vie du grand peintre.
Les illustrations sont très belles et aident le jeune lecteur dans sa découverte.

 

Pour les adolescents et jeunes adultes :

mangahokusaiHokusai en manga : Hokusai par Ishinomori Shôtarô aux éditions Kana est un bon gros manga comme on les aime. La vie de l’artiste nous est racontée par tranches entre 42 ans et sa mort à 90 ans (pas de façon linéaire, mais dans un désordre qui crée une dynamique intéressante). Le mangaka s’appuie sur des événements réels et glisse entre les pages de récit des œuvres du peintre, mais la grande force de ce manga est la description du quotidien du peintre que le mangaka a imaginé. Hokusai est donc un personnage bougon, qui dit souvent des gros mots, râle sur ses disciples, ses commanditaires (éditeur, shogun etc.), et même sur sa fille qui prend soin de lui avec beaucoup de tendresse jusqu’à son dernier souffle.

Le quotidien n’est pas facile, Hokusai a toujours eu des problèmes d’argent, a déménagé de nombreuses fois (les maisons misérables, pleines de courants d’air, dont le sol est jonché de boulettes de papier et le kotatsu vieillissant se succèdent au fil des pages). La seule chose qui perdure est sa passion pour la peinture, son envie de peindre vissée au corps. Hokusai travaille beaucoup, il veut toujours améliorer sa technique, il veut aussi peindre « ce qu’on ne voit pas » : des heures à observer le Mont Fuji sous tous les angles, à regarder la mer jusqu’à ce qu’elle pénètre en lui et qu’il puisse la coucher sur le papier.

C’est l’histoire d’un grand voyageur, d’un homme à femmes, d’un éternel curieux. Ses péripéties raviront les adolescents en quête d’aventure et de connaissance : une œuvre très dense pour comprendre l’époque, la vie quotidienne (avec des moments comiques, tragiques), mais aussi découvrir de nombreuses œuvres du maître.

 

Pour tous : le Grand Palais

Pour continuer le voyage, entrer au Grand Palais pour cette exposition, c’est faire un bond dans le passé, en prendre plein les yeux et découvrir la richesse et la diversité de l’œuvre d’Hokusai !

Plus de 500 œuvres sont en effet proposées. Après une introduction sur le phénomène du « japonisme » au XIXe siècle en France (les artistes et intellectuels français amoureux du Japon s’en inspirèrent pour le meilleur et parfois le moins bon … chacun appréciera), c’est l’œuvre d’Hokusai qui nous est montrée par ordre chronologique. De ses premiers dessins, portraits de femmes, illustrations de livres, croquis animaliers (à faire pâlir un scientifique) jusqu’à ses estampes les plus connues, la quantité d’œuvres à regarder est impressionnante. Chacun pourra aisément y passer des heures, tant les dessins sont admirables dans leur précision, leur réalisme, leur vie !

cascade bouvreuil 
 

Et les enfants ne sont pas en reste : guerriers rouges et menaçants, monstres fabuleux, animaux fantastiques, mais aussi scènes du quotidien … Impossible de s’ennuyer en regardant tout ce bestiaire qui semble prendre vie sous nos yeux ! Pour les plus petits, enfin, les croquis s’animent sur un plafond et des murs blancs, faisant naître émerveillement et éclats de rire.

Le « clou » du spectacle sera pour beaucoup la grande vague de Kanagawa, mais vous admirerez peut-être une superbe cascade ou, pour les plus romantiques, la série oiseaux et fleurs d’une beauté à couper le souffle.

Plus d’infos :

Les livres :

– Hokusai Manuels de dessin, introduction et légendes de Manuela Moscatiello aux éditions Philippe Picquier.

– Le vieux fou de dessin de François Place aux éditions Gallimard Jeunesse.

– Hokusai d’Ishinomori Shôtarô aux éditions Kana.

L’exposition :

Au Grand Palais à Paris du 1er octobre 2014 au 18 janvier 2015.

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4 réponses

  1. 29 septembre 2015

    […] Cette lecture vous enchantera tant elle est fluide et instructive. Elle complète à merveille le manga consacré à la vie d'Hokusai dont j'avais parlé sur Journal du Japon (parmi d'autres ouvrages) : http://www.journaldujapon.com/2014/11/30/exposition-hokusai-au-grand-palais-des-livres-pour-accompag… […]

  2. 23 novembre 2015

    […] plus d’info sur les peintres japonais, vous trouverez dans nos colonnes des articles sur Hokusai et Kuniyoshi UTAGAWA lors de leurs expositions […]

  3. 9 février 2016

    […] Tout commence avec l’ukiyo-e, un mouvement artistique japonais apparu durant l’ère Edo (1603-1868) incluant des peintures ainsi que des estampes. Parmi les thèmes développés dans l’ukiyo-e apparaissent rapidement des œuvres orientées sur l’érotisme et l’acte sexuel à proprement parler : les shunga. Coït apparent, sexes hypertrophiés et poils pubiens sont illustrés par une majorité d’artistes de l’époque, parmi les plus réputés d’entre eux, comme Hokusai. […]

  4. 17 septembre 2016

    […] première est l’oeuvre d’HOKUSAI et ses vues du Mont Fuji . Dans aucune de ses estampes on se lasse de la vue de ce symbole du […]

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