Yu-Gi-Oh! : retour sur un phénomène planétaire

Imaginez un monde où des créatures fantastiques apparaissent par simple invocation. Un monde où vous devez, cartes en mains, faire preuve de stratégie pour survivre. Cet univers, c’est celui de Yu-Gi-Oh! Qui n’a jamais entendu parler de cette célèbre saga ? Que ce soit grâce à l’anime, au manga ou même aux produits dérivés, c’est sans aucun doute devenu l’une des franchises les plus populaires de tous les temps. A l’occasion des 20 ans du manga, Journal du Japon revient sur cette série culte et en dévoile également sa face cachée, beaucoup plus sombre…

Yu-gi-ôh

 

La série originale : au cœur du Jeu de la Sanction

Le phénomène planétaire Yu-Gi-Oh! débute avec le manga dessiné et écrit par Kazuki TAKAHASHI. Il est prépublié dans le célèbre magazine Weekly Shonen JUMP en septembre 1996. Fort de son succès il sera, par la suite, compilé en 38 tomes par l’éditeur japonais Shueisha, tandis que la version française sera éditée dans l’hexagone par Kana.

Si bon nombre d’entre nous connaissent la série Yu-Gi-Oh! Duel Monster, rares sont ceux qui portent un intérêt prononcé pour la série originale : la « saison 0 ». Diffusée au Japon deux années avant Duel Monster, celle-ci reprend les premiers tomes du manga. La première série a été produite par Toei Animation (Sailor Moon, One Piece…) mais elle relate des événements jugés trop « sombres et violents » pour être exploitée en occident.

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YU-GI-OH! © 1996 by Kazuki Takahashi / SHUEISHA Inc.

Les bases de l’intrigue restent toutefois les mêmes. Yugi Muto, jeune garçon naïf, parvient à résoudre l’énigme du puzzle du Millénium. L’esprit prisonnier depuis plusieurs années dans cet objet de légende apparaît alors et prend la place de Yugi dans les moments opportuns. Si dans Duel Monster, Yami est avant tout un être caractérisé par ses vertus, dans les premiers tomes du manga il semble quelque peu… différent. Sorte de « double maléfique» de Yugi, Yami défie ses ennemis grâce au « Jeu de la Sanction ». C’est d’ailleurs l’une des particularités de ses sept premiers volumes : l’histoire n’est pas uniquement axée sur le jeu de cartes, mais sur le jeu tout court ! L’entité présente dans le corps de Yugi n’hésite pas à torturer psychologiquement ses adversaires et à leur infliger de terribles châtiments pour les punir de leurs crimes. Dans le premier volume, il ira même jusqu’à brûler vif un homme pour avoir enlevé Anzu (Téa en version française). Arborant un petit sourire sadique à chaque punition, ses sombres actions semblent lui procurer un certain plaisir…

Concernant les autres personnages, Kaiba et Mokuba, leurs traits de caractère diffèrent largement au début du manga. Ils sont à la limite de la psychopathie. Lors des premiers chapitres, ils utilisent leur parc à thème, le Death-T, pour tenter de tuer Yûgi et prouver leur domination. Ce parc, inspiré du Jeu de la Sanction, met en scène un bon nombre d’épreuves cruelles destinées à éliminer le personnage principal et ses camarades.
Les premiers volumes abordent également des thématiques relativement matures. L’exemple le plus probant est celui de l’alcoolisme et ses conséquences sur les liens familiaux. Cette thématique est explorée à travers le personnage de Jôno-uchi (Joey).

Comparé à tout cela, le jeu de cartes peut sembler légèrement enfantin, n’est-il pas ? En réalité, il faut savoir qu’à l’origine, la version papier était destinée au genre horreur. Mais ce concept fut abandonné dû à la réaction positive du public envers les thèmes de l’amitié et du jeu de cartes et la série Yu-Gi-Oh! prit dès lors une tournure totalement différente.

Yu-Gi-Oh! Duel Monster : le phénomène !

Cette seconde adaptation est produite par le studio Gallop, notamment connu pour son travail sur Eyeshield 21 ainsi que sur une partie de l’animé Rurōnin Kenshin. Elle a été diffusée pour la première fois sur la chaîne TV Tokyo en 2000 et s’est terminée quatre ans plus tard.

A la manière de Pokémon, il n’y a pas, à proprement parler, d’affrontements dantesques entre les combattants. L’univers de ce titre s’articule plutôt autour du jeu de cartes, mêlant à la fois stratégie et détermination. Ce concept, plutôt original pour l’époque, distinguera la série des autres shônens classiques.
Les protagonistes sont ainsi confrontés à diverses épreuves et mettent plus d’une fois leur vie en jeu. En parallèle, le fil rouge de l’intrigue se base sur la recherche de la véritable identité de Yami. L’aspect mystique et le scénario orienté sur l’Égypte Ancienne prennent une place primordiale au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire.

Manga vs anime : les différences

Comme beaucoup d’autres titres à succès, le manga a eu droit à son adaptation animée. Mais parfois, il arrive qu’un anime diffère de sa version papier. Qu’en est-il pour Yu-Gi-ôh! ?

Globalement, le fil conducteur reste le même. Malgré tout, quelques différences sont notables : on les retrouve essentiellement dans la mise en scène et son exécution. Le niveau de maturité diverge d’un support à l’autre : la version animée est un peu plus édulcorée que le manga, destiné à une audience relativement mature.
Le plus grand changement arrive dès l’épisode introducteur de l’anime. Inutile de dire que faire abstraction de sept volumes offrant de précieux détails sur l’intrigue et réécrire un tome entier en un seul épisode, ça laisse des traces… Surtout au niveau du personnage de Kaiba. Il passe d’un être siphonné et sadique à un « enfant pourri gâté ». La raison de son obsession à vouloir affronter Yugi diffère également. Dans la version papier, il souhaite se venger de sa défaite contre Yami qui lui a infligé une « Sanction du Destin » lors de l’arc Death-T. Dans l’anime, il veut juste une carte !

Dû à une certaine absence d’explications, ce premier épisode mène à des scènes parfois risibles et peu crédibles. Pourquoi les protagonistes prennent-ils aussi sérieusement le jeu de duels de cartes ? Pour quelle raison le grand-père de Yugi est-il aussi secoué par ce qui lui arrive ? Le manga répond à ces questions, alors que la version animée, en particulier la version de 4Kids, les balaye d’un revers de la main. 

Quelques scènes de violence sont également omises dans l’anime. Le parfait exemple est le duel entre Mai et Yami Marik. Dans la version papier, le joueur et ses monstres sont connectés de manière à ce que si l’un est blessé, l’autre le soit également. En résulte des têtes coupées, l’impression d’être poignardé ou encore d’avoir la tête écrabouillée. En revanche, l’anime se contente d’une version beaucoup plus douce : Mai oublie de manière graduelle les personnes chères à son cœur.

L’individualité et l’évolution de certains personnages se trouvent malheureusement mises au second plan dans la série. Le manga met en lumière ses protagonistes d’une toute autre manière et leur caractérisation diffère parfois d’un support à l’autre. Un exemple concret est le duel entre Jono-uchi et Ryuuzaki. Dans le manga, il gagne sans le soutien de ses amis. Yami dit à Yugi de ne pas interférer dans le duel car Jono-uchi se bat pour sa propre estime de soi. Dans l’anime, Yugi aide en quelque sorte son camarade à se sortir de l’impasse.

La censure de 4kids : une carte piège ?

Duel Monster est ainsi la première série intronisant l’univers de Yu-Gi-Oh! en Amérique et en Europe. A l’époque, la version anglophone était distribuée par 4kids.

L’approche du programme envers l’anime modifie indéniablement l’esprit de la licence dans son ensemble. Si à l’origine, l’audimat visé était les jeunes adultes, la version de 4kids change la donne et amplifie l’édulcoration déjà constatée du manga à l’anime : on se tourne clairement vers un public enfantin. Résultat : le manga et l’anime n’ont plus la même connotation et ne véhicule plus un message similaire. Mais à quel point Duel Monster est-il censuré ?

Premier changement non négligeable : le concept du Royaume des Ombres. Les Japonais n’ont pas peur de mentionner la notion de Mort. Yugi et ses amis y sont confrontés de nombreuses fois. Lorsqu’ils livrent un duel, ils mettent souvent leur vie en jeu. Le châtiment subi par le perdant est une mort parfois atroce. En Occident cependant, le perdant est envoyé dans le Royaume des Ombres, une dimension où les âmes sont tourmentées pour l’éternité.

La manière dont est présentée la violence diffère également dans les deux versions. Le studio Gallop ne craint pas de mettre en avant des scènes véhémentes. Elles incluent du sang, des armes blanches, des revolvers ou encore des personnages torturés physiquement. Tout ceci est bien sûr absent des versions américaine et française, comme on le voit ci-dessous avec la disparition grotesque de pistolets.

Yu-Gi-Oh © by TOEI Animation / M6 Video

© by TOEI Animation / M6 Video

Les scènes à « connotation sexuelle » sont aussi éditées tout comme les vêtements de certains personnages féminins.
L’objectif de certains personnages est également présenté différemment. Dans la version japonaise, Malik souhaite tuer Yami pour le meurtre de son père. 4kids, quant à lui, présente le personnage comme un énième méchant qui souhaite conquérir le monde. L’ensemble de ces facteurs constitue sans doute la raison pour laquelle la licence est perçue péjorativement. Plusieurs moments jugés sanglants sont notables et pourraient être expliqués de manière explicite. Mais nous en resterons là, afin de vous éviter un dossier de 50 pages sur le sujet ! Le fait que la série soit diffusée sur des chaînes comme Canal J renforce également les aprioris.

Un jeu sans fin

Mais l’aventure ne s’arrête pas là. En réponse au succès de la première série, plusieurs spin-off verront le jour. Un moyen de pérenniser la licence.

Le premier, Yu-Gi-Oh! GX, débute en octobre 2004 au Japon. La série d’animation, toujours produite par le studio Gallop, comprend 180 épisodes. Petite particularité pour cet opus : le scénario se déroule dans une académie où les élèves tentent de devenir des duellistes accomplis. Nous suivons donc le quotidien de plusieurs étudiants, dont Judai Yuki, le héros. Comme dans la première série, il est accompagné de divers camarades et affrontera plusieurs péripéties. Le côté mystique est toujours présent et la coiffure du protagoniste… un peu plus réaliste.

L’esprit de compétition entre les duellistes, qui transparaît dans le concept, est l’élément attrayant de cette seconde série. Le début de Yu-Gi-Oh! GX paraît se limiter à un simple show de divertissement. Légère et marquée par un humour prononcé, la série développe son potentiel sur le long terme. Il faudra attendre plusieurs épisodes – et même saisons – pour qu’elle gagne en maturité et explore plus en profondeur la psychologie des personnages. Contrairement à son prédécesseur, le manga est paru un an après l’anime et s’étale sur 9 tomes. De grands changements sont à noter, notamment d’un point de vue scénaristique.

En 2008, c’est au tour de Yu-Gi-Oh! 5D’s de faire son entrée. Il renouvelle complètement le genre avec ses Duels Runners et l’apparition de cartes spéciales nommées « Synchro ». Le scénario se déroule plusieurs années après le second opus, dans un pseudo univers post apocalyptique. La série ne suit pas du tout les traces de ses prédécesseurs : le ton est mature, les personnages plus âgés et le design modernisé. A tel point qu’on en vient à se demander si nous regardons bien une série dérivée de Yu-Gi-Oh!! Pourtant, les éléments caractérisant la saga sont toujours présents : duels de cartes, aspect mystique… C’est ici que réside la force de la série : elle réussit à innover tout en gardant l’âme de ces prédécesseurs.

A la manière de GX, le manga est paru après l’anime, soit en 2009. Il s’est terminé l’année dernière.

Yu-Gi-Oh! Zexal débarque au Pays du Soleil Levant en 2010 sous forme de manga. La série animée est diffusée un an après le début de la version papier et est scindée en deux parties distinctes. L’intrigue nous rappelle celle de Duel Monster : elle se base sur la recherche d’identité de l’esprit mystique accompagnant le héros. Quelques similitudes peuvent également être remarquées par rapport aux séries précédentes. Néanmoins, Zexal présente un univers plus enfantin et met en scène un duelliste inexpérimenté contrairement aux autres protagonistes de la saga.

Vient finalement la série actuelle : Yu-Gi-Oh! Arc-V. Elle se focalise sur un nouveau personnage, Yuya Sakaki, dont l’objectif est de devenir un « Duelliste d’amusement ». La série présente une petite nouveauté dans les duels : les cartes Pendulum. Mais elle inclut également tous les types d’invocation des quatre opus précédents. Arc-V joue sur l’aspect multidimensionnel de l’intrigue afin de mettre en scène d’anciens personnages issus des premiers volets. Un point qui fera certainement plaisir aux fans de la première heure ! (Nostalgie quand tu nous tiens…)

Les produits dérivés : la véritable âme des cartes

On ne peut parler de Yu-Gi-Oh! sans mentionner ses produits dérivés et surtout, son (vrai) jeu de cartes. Matérialisées physiquement suite au succès de la franchise, les cartes Duel Monster permettent au joueur de s’immerger totalement dans l’univers de la licence. Édité au Japon en 1999, le jeu arrive dans nos contrées en 2003. A partir de ce moment, les cours de récréations se remplissent non pas d’enfants, mais de duellistes. Ils s’émerveillent à leur tour de pouvoir invoquer un Dragon Blanc aux Yeux Bleus. Plus encore, il n’est pas rare de voir, encore aujourd’hui, des adolescents et des adultes manier les cartes. Il faut dire que le principe du jeu est assez attrayant et ce dernier ne cesse de s’enrichir grâce aux cartes tirées des nouveaux spin-off de la série.

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Outre le jeu de cartes, la licence perdure aussi grâce à ses jeux vidéo. A ce propos, petit rappel : Konami a annoncé la sortie de trois nouveaux jeux cette année.

Quel avenir pour la franchise ?

Malgré la vision « négative » portée sur la série en Occident, la licence Yu-Gi-Oh! ne semble pas vouloir s’arrêter de si tôt ! Yu-Gi-Oh Arc-V est toujours en cours de diffusion sur Gulli. Quant aux amateurs de jeux vidéo, de bonnes nouvelles les attendent également. iOS et Android se préparent à accueillir Yu-Gi-Oh! Duel Links pour fin avril au Japon. La console 3Ds n’a évidemment pas été oubliée; les fans pourront découvrir Yu-Gi-Oh! Saikyou Card Battle cet été au Pays du Soleil Levant.

Mais l’événement tant attendu de l’année est sans conteste la sortie dans les salles obscures du film The Dark Side of Dimensions. Si les Japonais ont eu la chance d’assister à sa projection il y a de cela quelques jours, il faudra encore faire preuve d’un peu de patience pour le voir arriver chez nous. Centrée sur Yugi et Kaiba, l’histoire se déroule quelque temps après les événements du manga. Pour faire la liaison entre la version papier et le début du film, un one shot de deux chapitres est récemment sorti dans le magazine Weekly Shônen JUMP.
Afin de célébrer dignement l’œuvre de Kazuki TAKAHASHI, TV Tokyo a également décidé de sortir une édition numérique remastérisée de la série Duel Monster.

Comme quoi, on peut dire que Yu-Gi-Oh! a encore une fois su tirer la bonne carte !

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11 réponses

  1. Sôsuke dit :

    Très bon dossier pour une licence mythique ! Juste une petite coquille : GX sort en 2004 pas 2014.

  2. DrakiZaR dit :

    Y a des anciens persos dans Arc-V ?

    • D’anciens personnages font effectivement leur apparition (pour quelques épisodes seulement). Je ne dirai pas lesquels, histoire d'entretenir le suspens 😉 A noter, cependant, que les personnages ne sont pas tout à fait ceux que nous avons connus. Ils sont une sorte de "version alternative" d'eux-mêmes 🙂

  3. Multirylu dit :

    Je suis très en retard par rapport à cet article, donc, j’espère que tu pourras encore me répondre XD. Tout d’abord, c’était un super article, je ne me suis jamais vraiment mis aux série après GX car pour moi ça allait trop loin mais bon je m’y mettrai un jour ^^’ Bon voici ma question: tu dis et à juste titre qu’un remaster pour les 20 ans de la série est sorti, est-ce que tu peux me dire ou on peut le regarder ? Parce que j’ai beau cherchez (et pourtant l’anglais ne me fais pas peur) mais je ne trouve aucune trace de celui-ci. En espérant que j’aurai une réponse même 4 mois après XD. Merci d’avance 😉

    • Bonsoir,

      Ahahah ne t’inquiète pas, nous sommes toujours disponibles pour répondre aux commentaires 🙂 Et merci pour le compliment ! Concernant ta question, la version remastérisée est diffusée depuis février 2015 sur TV Tokyo. Maintenant, pour la regarder à partir d’ici … c’est une autre histoire ! A ce jour et à notre connaissance, il n’y a pas d’édition DVD/Blu-ray pour la France, ni de VoD d’ailleurs. Cela dit, il y a toujours moyen d’acquérir une « autre version » mais cela n’est pas de notre ressort 😉

  4. Evan dit :

    Des nouvelles concernant la réédition numérique remastérisée de Duel Monster depuis la publication de l’article ?

    • Bonjour,

      Pour l’Occident, toujours pas. La version remastérisée a bien été diffusée au Japon, notamment avec l’arc du Royaume des Duellistes (en février 2015 sur TV Tokyo) et celui de Battle City (en avril). Maintenant, pour la France, aucune nouvelle. Cependant, d’après les retours concernant cette version, il ne faut pas s’attendre à une qualité visuelle similaire à celle du dernier film « The Dark Side of Dimensions ». Selon ceux et celles qui l’ont vue, les producteurs ont légèrement amélioré la colorisation ainsi que les traits des personnages et ont adapté la série pour « écran large », mais pas plus.

  5. Chernabog dit :

    Bonjour.

    Deux petites erreurs dans ce sympathique article :

    – La Toei Animation n’a pas produite la série diffusée chez nous (mais la première inédite chez nous et sans réel rapport au final), c’est bien le studio Gallop. L’erreur est présente quand vous mentionnez les censures de 4Kids.

    – Dans la version japonaise, il est bien précisé pourquoi le grand-père est « secoué par ce qui lui arrive » comme vous dites (pou rappel, le réalisme de la simulation virtuelle était trop insupportable pour son cœur âgé). C’est la version 4Kids qui a supprimé bêtement cette explication.

    Bonne continuation ! 🙂

  6. Nico dit :

    Bonjour , chouette article ! Dit moi de ton avis perso , tu préfère Yu gi oh en manga ou en anime ?

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