Kenshin 3 – La fin de la Légende

Suite directe de Kyoto Inferno, l’épisode 3 de la trilogie Kenshin débarque enfin chez nous en dvd et bluray, toujours grâce au label HK et à Metropolitan, marquant ainsi l’achèvement de l’adaptation cinématographique du manga culte de Nobuhiro WATSUKI.
Après 2 épisodes rondement menés, cette conclusion était attendue avec une impatience fébrile autant qu’avec appréhension. Nombreuses sont les trilogies qui se dégonflent dans leur épisode final. Qu’en est-il avec Kenshin 3, fort justement nommé « La fin de la Légende » ?

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Réapprendre à vivre sa vie

Film haletant en forme de course contre la montre, Kyoto Inferno s’achevait par un insoutenable cliffhanger, Kenshin se jetant dans une mer démontée afin de sauver Kaoru, fuyant par là même l’affrontement avec SHISHIO. Le dernier plan le montrait inconscient, échoué sur une plage et repêché par un mystérieux personnage incarné  par Masaharu FUKUYAMA qui retrouvait ainsi Keishi OTOMO après le drama historique Ryomaden.

Dans ce road movie plein de tension, la légende Battosai se décidait à aller au devant des démons de son passé, incarnés par son double maléfique Shishio. Redoutant de devoir redevenir un assassin pour cela, il pressentait et acceptait que cet ultime combat se ferait au détriment de sa vie. On voyait se profiler au loin un schéma assez classique du shônen, de Space Battleship Yamato à Saint Seya, se basant sur la glorification absolue du sens du sacrifice du héros. Un thème rebattu qui, s’il fonctionne quand il est servi pas une histoire et des personnages travaillés, peut rapidement virer au gratuit et au ridicule dans certaines adaptations. Exemple le plus flagrant de ces dernières années : celle de Space Battleship Yamato, où l’ensemble du cast semblait se battre pour savoir qui serait le premier à faire don de sa vie le plus inutilement du monde, dans un spectacle qui ressemblait plus à l’adaptation du jeu vidéo Lemmings qu’à un space opera digne de ce nom.

L'affiche japonaise du film présente Kenshin échoué sur la plage.

L’affiche japonaise du film présente Kenshin échoué sur la plage.

Cette fois-ci, pour vaincre, Kenshin va au contraire devoir réapprendre à valoriser sa propre vie. Cette approche assez fraîche et finalement en accord avec la philosophie développée dans le manga, est ce qui fait l’intérêt et l’originalité de ce dernier épisode. Elle permet au film de clore l’arc scénaristique de son personnage principal (et par la même la trilogie) de manière réellement satisfaisante. L’ensemble de la série apparaît ainsi comme le processus de catharsis d’un Kenshin qui va s’ouvrir aux autres et se reconstituer une famille (épisode 1), faire face à ses actions passées et à leurs conséquences (épisode 2), passer outre sa culpabilité et réapprendre à apprécier et valoriser sa propre vie (épisode 3).

Kenshin face à SHISHIO dans le grand final de la trilogie.

Kenshin face à SHISHIO dans le grand final de la trilogie.

 

Une adaptation (trop) fidèle ?

Et c’est fort heureux que le personnage de Kenshin constitue la réussite du film et de la trilogie, car encore une fois les personnages secondaires (méchants et acolytes de Kenshin), en sont la faiblesse et de manière plus flagrante que dans les épisodes précédant. C’est bien là qu’on peut se poser la question de l’excès de fidélité d’une adaptation. Un film a une durée limité, et le mode de récit cinématographique implique une réelle efficacité dans l’exposition des motivations des personnages et de leur personnalité. Ainsi, celles des suivants de SHISHIO sont énoncées verbalement par l’un d’eux en une phrase lapidaire au détour d’un combat. Loin d’être satisfaisant en terme de narration ! Idem pour le personnage d’Aoshi, pourtant très bien incarné par l’excellent Yusuke ISEYA, dont on attendait de cet épisode qu’il en dévoile la profondeur. Et cela d’autant plus que le rythme est cette fois bien moins soutenu que dans l’épisode précédent. On a beau être conscient que l’adaptation d’une série aussi populaire que Kenshin implique un cahier des charges quand à la présence de certains personnages emblématiques, on ne peut s’empêcher de penser que prendre un peu plus de libertés pour laisser une place plus conséquentes au développement psychologique et à l’exposition scénaristique aurait été une chose positive pour faire d’une excellente adaptation un grand film à part entière.

SHISHIO et sa troupe d'affreux.

SHISHIO et sa troupe d’affreux.

Il ne faut pas non plus trop noircir le tableau. La direction artistique est toujours aussi réussie, et la mise en image des scènes d’action fait toujours mouche. Les combats au sabre aussi restent une grande force du film. Le duel entre Kenshin et Sôjiro SETA permet de prendre toute la mesure du travail chorégraphique qui a été accompli pour rendre à la fois crédible et dynamique les styles quasi surnaturels des personnages. Kenshin se déplace à la vitesse de l’éclair, utilisant les murs pour se propulser et multipliant en souplesse les mouvements empruntés au Break Dance, au Parkour et à la Capoera, le tout capté par une caméra vive (rare sont les ralentis) et sans effets de style inutiles, ce qui confère à ces scènes une lisibilité des plus plaisantes.

Takeru SATO semble né pour incarner Kenshin.

Takeru SATO semble né pour incarner Kenshin.

Kenshin est un donc un film fait par des fans pour les fans. Takeru SATO a, à de nombreuses reprises, déclaré en interview être un grand admirateur du manga et Keishi OTOMO a lui signifié qu’il n’aurait pas accepté de mener cette trilogie sans son acteur. On ressent ce respect dans leur approche et dans l’équilibre d’une direction artistique toujours très réussie, qui parvient à rendre crédible de vrais personnages de manga (en particulier via le travail sur les costumes).
Ainsi, si la frustration d’avoir des personnages secondaires bien souvent un peu creux est bien présente, il faut néanmoins garder à l’esprit qu’il s’agit là d’une adaptation de manga shônen à destination d’un public jeune et, force est de constater que le film se regarde sans déplaisir y compris pour les plus grands, bien au contraire.
Au delà de cette direction artistique dont on a maintes fois chanté les louanges, l’autre point fort reste la distribution, globalement très réussie.

Yosuke EGUCHI fait un excellent Hajime SAITO

Yosuke EGUCHI fait un excellent Hajime SAITO

Au final, si cet épisode n’est pas à la hauteur du trépident épisode 2, il sauve l’honneur et permet surtout d’apporter une fin bienvenue à l’arc narratif et psychologique de son héro qui, enfin, fait sa mue pour se débarrasser du spectre de Battosai et redevenir pleinement Kenshin Himura, paisible et ayant recouvré la volonté et même le plaisir de vivre.
En l’état, la trilogie Kenshin restera donc dans le haut du panier des adaptations de manga. Elle aura aussi indubitablement placé Keishi OTOMO comme réalisateur/producteur à suivre. Son nouveau film, Museum, thriller adapté d’un manga portant sur un tueur en série aux méthodes étranges et affublé d’un masque de grenouille est d’ailleurs sorti début octobre au Japon et on a hâte de le voir.

 Retrouvez nos 3 critiques de la trilogie Kenshin : 

I : Kenshin le Vagabond

II : Kyoto Inferno

III : La fin de la légende

Kenshin 3 – La Fin de la Légende est disponible en Bluray et DVD chez HK vidéo et Metropolitan Filmexport depuis le 12 octobre 2016, en édition individuelle ainsi qu’en coffret 3 films avec l’ensemble de la trilogie.

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3 réponses

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