[Découverte J-Music] Camellia, l’incontournable de l’EDM japonaise

Lorsque que l’on parle d’EDM, on pense à ses figures emblématiques et occidentales tel que Skrillex, Avicci, et d’autres stars que l’on préfère danser sur qu’écouter sur son smartphone, d’où le sens Electronic Danse Music. Mais les genres ici sont très variés : Trap, Drum and Bass, Techno, Trance, House… mais aussi le Hardcore ! Cette catégorie comporte elle-même des sous-catégories tel que le Gabber, le Breakcore, la Speedcore… et d’autres encore. Un monde entier de variété, de quoi faire naître de vrais artistes, comme Camellia.

Portait de l'artiste/compositeur de musique japonais Camellia

À 26 ans, la discographie de Masaya Oya comporte déjà un total de 28 albums, 4 EPs et plus d’une centaine d’apparitions chez d’autres artistes. Contrairement à des compositeurs de son milieu comme Kobaryo et la speedcore ou USAO et le hardstyle, Camellia renonce à un style propre afin de s’insérer dans plusieurs genres à la fois. Il ne manque pas d’innover et de surprendre avec une variété de styles très vaste : Dubstep, Hardcore, Drumstep, Glitch Hop, Trap, Gabber, Drum n Bass, Trance… Son nom résonne dans la scène des jeux de rythme avec ses musiques électros, rapides et plus qu’efficaces pour en faire des niveaux vidéoludiques complètement ahurissants.

Début de carrière aux côtés d’Hatsune Miku

Hanîjinjâêru est le premier album qu’il sort en 2010 dès l’âge de 18 ans. Il s’était d’abord fait connaître pour être un artiste VOCALOID d’Hatsune Miku – l’outil de synthétiseur vocal qui reproduit des voix – avec lequel il sortira un total de 5 albums en l’espace de trois ans sans compter les nombreuses apparitions chez d’autres artistes. Il sort par ailleurs en 2013 Systematic Love qui sera repris deux ans plus tard par la célèbre chanteuse japonaise REOL. Dès ses débuts le composeur s’est démarqué par une productivité sans faille et un style différent puisqu’il mélangeait VOCALOID et instrumentale électro hardcore. Cependant, l’artiste va mettre de côté le logiciel de synthétiseur vocale.

« Plutôt que de complètement arrêter, j’essaye de faire des musiques VOCALOID lorsque j’ai du temps libre. Cependant, je pense que composer des musiques pour des jeux de rythmes et pour mon propre compte sont devenues mes activités premières et c’est normal de me focaliser là-dessus. » explique-t-il lui même

C’est en 2013 que Camellia se détachera peu à peu du VOCALOID pour se concentrer sur de l’électro uniquement.

« Et puis maintenant, il est commun de publier des musiques VOCALOID avec des vidéos très sophistiquées qui demandent beaucoup de travail. La musique Mass of Heart est sans doute la musique qui a pu me demander le plus d’efforts en collaboration avec murAta Yuzi qui a réalisé la vidéo. » précise le musicien.

Camellia et les jeux de rythme

Sa notoriété étant établi au cours de ses premières années de carrière, cette transition vers l’électro hardcore se fera sans désagrément puisque l’année suivante sort son album paroxysm et le registre change sans pour autant perdre son public. La voix d’Hatsune Miku laisse place à des BPM 200 et un style nerveux mais mélodieux. Ce ton correspond parfaitement à ce que l’on retrouve dans les bornes d’arcade consacrées aux jeux de rythmes telles que Sound Voltex ou beatmania. Et c’est normal puisqu’à cette période, Camellia collabore avec ces licences pour leur fournir des musiques jouables sur leurs jeux.

« Si on se penche sur la scène des jeux de rythme, je peux nommer deux musiques : Bangin’Burst et Bassdrop Freaks. La première a gagné un concours prévu pour les musiques de jeux de rythme et elle est d’ailleurs toujours jouée aujourd’hui. »

En effet, ces licences organisent des concours qui permettent à des artistes de retrouver leurs musiques disponibles sur les jeux de rythme en question.

« Sur la seconde, je pense avoir bien mis en avant les compétences de la vocaliste Nanahira. »

Camellia et Nanahira

Bonne transition offerte par l’artiste pour parler de ce duo flamboyant qu’est Nanahira à la voix et Camellia au mixage. Les deux se mirent à travailler ensemble pour la première fois en 2012, Camellia y arrangeait les musiques de Nanahira. Mais en 2014, le duo prend les devants de la scène avec leur musique Bassdrop Freaks pour l’occasion de la première apparition de Camellia dans la saga beatmania IIDX. « Je pense avoir bien mis en avant les compétences de la vocaliste Nanahira » nous dit-il humblement tandis qu’il s’agit d’une de ses musiques les plus populaires.

La collaboration ne s’arrêtera pas là, bien au contraire. Quelques mois plus tard s’en suit l’album Bâsasu! qui reprend la recette d’une Nanahira kawaii et d’une instrumentale entre j-pop et hardcore de Camellia. Le duo fonctionne toujours autant aujourd’hui, en témoigne les nombreux albums tant sous le label Confetto de Nanahira que celui de Camellia, KamelCamellia.

La voix qui se veut mignonne de Nanahira s’inspire en fait de la musique denpa. Inspiré de la culture otaku, ce genre musical à part se compose principalement d’une mélodie atypique, une voix souvent dites kawaii et des paroles dénuées de sens, qui cherchent avant tout les répétitions, à la façon d’une hypnose. Bassdrop Freaks s’inscrit bien dans ce genre mais Can I Friend You On Bassbook ? Lol en est l’exemple parfait.

« J’ai beaucoup été suscité pour ses CD doujins puisque je suis capable de composer des musiques denpas, ce qu’une minorité d’artiste est capable de faire. »

Un autre genre que l’on peut lui attribuer !

Le label HARDCORE TANO*C

Si on parle hardcore, il est indispensable de parler du label japonais HARDCORE TANO*C qui se spécialise dans la musique hardcore uniquement. Ce label regroupe tous les noms de la scène hardcore et ce depuis 2003 grâce à son fondateur REDALiCE.

« Quand je me suis intéressé aux clubs de musiques, j’y ai rencontré DJ Genki, un membre de TANO*C qui m’a amené à mieux connaître leur label. Étonnement, DJ Genki et moi avions réalisé que nous vivions très proche l’un de l’autre alors nous avons commencé à jouer ensemble (et c’est toujours le cas aujourd’hui) »

Tous ces artistes travaillent rarement seuls. Il sont souvent ensemble sur des titres et lorsque l’on découvre un artiste de ce milieu, on en découvre vite deux autres. Un seul exemple, la collaboration entre DJ Genki, Camellia et C-Show sur l’album Kasai Hardcores qui fait fureur dans les concerts de TANO*C.

Ce qui fait le succès du label, ce sont leurs concerts appelés « Strike ». Au début dans des petites salles, le concert se déroule sous forme de relais où les DJ passent plusieurs de leurs musiques avec un fond visuel psychédélique. Avec les années, ils ont abandonné le nom de « Strike » mais le concept reste le même et le genre se démocratisant, leur popularité croît. Les salles sont maintenant beaucoup plus vastes et les fans de plus en plus nombreux. Camellia a pu participer à leur tournée en 2017, regroupant plus d’une vingtaine de Djs.

Camellia en dehors du Japon

Ce qui a permis à la musique de Camellia de faire un premier pas hors du Japon, c’est sans nul doute le jeu vidéo osu!. Disponible sur PC, ce jeu de rythme comprend des joueurs de toutes les nationalités qui sont à la source même de l’évolution du jeu, contrairement à la série de jeu BEMANI qui reste très centrée sur le Japon et dont la communauté n’est pas actrice de son évolution (comme les jeux cités plus haut). Les joueurs de osu! le connaissaient via ses musiques sur beatmania IIDX ou Sound Voltex et se mirent à l’inclure petit à petit dans le jeu. Au fil des années, les musiques de Camellia devinrent un classique pour les joueurs et le créateur de osu!, Dean Herbert, décida de l’inclure dans la liste des artistes affiliés en décembre 2018. Certaines de ses musiques sont désormais de véritables hymnes au sein de la communauté tel que Exit This Earth’s Atomosphere qui a dépassé le million de vues sur Youtube, comme beaucoup d’autres de ses musiques.

Reconnaissant envers ses fans, il ira jusqu’à nommer un de ses EP Thanks Twitter Followers 40K E.P.. Sur son dernier album heart of androids il nomme aussi une de ses musique Quaoar (For « Thanks Follower 50k »)
Il arrive de temps en temps à Camellia de lancer des lives sur la plateforme de stream Twitch où il y compose ses musiques en direct tout en discutant avec les personnes qui le regardent. Son public ici est majoritairement occidental, tout comme dans son Discord (logiciel PC et application smartphone) qui permet à ses fans de discuter entre eux aux travers de différents salons textuels. Le serveur y comptait un total de 4000 utilisateurs en seulement 8 mois d’activités. Camellia y annonce ses futurs albums, ses futurs concerts et des tas d’autres informations exclusives pour ses fans les plus fidèles.

Présente l'interface de discord en particulier de celui de Camellia

Salon « Annonce » du Discord de Camellia

Camellia se démarque d’autres artistes d’EDM par l’étendue des genres qu’il compose ainsi que sa notoriété en occident. Il est tellement prolifique qu’un article complet sur son œuvre serait impossible. Nous espérons cependant vous avoir ouvert une porte vers la vaste scène qu’est l’EDM japonaise.

Remerciements à Camellia pour son temps et sa gentillesse qu’il nous a accordés pour réaliser cette interview.

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4 réponses

  1. Tina dit :

    Plusieurs coquilles dans l’articles, comme « beatmaia » au lieu de « beatmania », ou « BENAMI » au lieu de « BEMANI ». Je pense qu’il est très important de souligner que c’est grâce à la communauté qui s’intéresse à ces jeux en occident que ses musiques se retrouvent dans des jeux où la communautés fait tout, comme osu! entre autres.
    Aussi, Camellia a rejoint les « featured artists » de osu! en Décembre 2018, pas du tout en 2015.

    • Tina dit :

      On soulignera aussi que l’artiste REOL a repris SYSTEMATIC LOVE, pas le groupe, et c’était en 2015 pas 2016 (du coup pas 3 ans après la sortie de la musique).
      Beaucoup de petites erreurs comme ça je recommande une relecture complète avec revérification de chaque information avec des sources fiables 🙁

      • Théo Forey dit :

        Bonjour, je suis Théo Forey, le rédacteur de cet article, merci de nous avoir lu.
        Merci d’avoir pris le temps de pointé ces erreurs, elles sont corrigées. Je tâcherai de m’appliquer davantage sur mes futurs articles.

        Cordialement,

        Théo Forey

  1. 3 juillet 2019

    […] l’un de ces concours, à l’effigie du jeu de rythme Sound Voltex. Le titre Xéroa de Camellia dont nous avons déjà parlé sur Journal du Japon a par exemple gagné un de ces concours, la […]

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