[Bilan Manga 2018] Ventes en France : toujours plus haut !

Alors que le premier semestre 2019 touche à sa fin, il est temps d’achever notre bilan du marché du manga pour l’année 2018. Une fin passionnante car il s’agit ici de la santé du marché français : manga et secteur du livre ou de la BD, meilleures nouveautés, meilleures séries, évolution des éditeurs,… Avec 11.1% de progression en volume et en valeur, le manga est plus que jamais la locomotive du secteur de la bande dessinée et atteint un nouveau record historique. Quelles séries, nouveautés et éditeurs se sont démarqués dans ce contexte, en 2018 ? Lisez la suite pour le savoir !

Ventes Manga France 2018

 

Le manga au top !

En 2018 le marché du livre est globalement stable selon l’institut Gfk. Il a généré un chiffre d’affaires de 3,94 milliards d’euros en 2018 pour 354 millions d’exemplaires vendus, soit un recul de 0,6% en volume et 0,9% en valeur, qui s’explique par « les réformes de l’Education Nationale, justifie Paul-Antoine Jeanton, consultant Livre de GfK. Hors segment Livre Scolaire, nous constatons un marché du Livre positif en nombre d’exemplaires achetés (+0,7%) et en CA (+0,4%) ».

Au sein du marché éditorial, celui de la bande dessinée est le plus dynamique des secteurs : +2% et quelques 44 millions d’exemplaires vendus l’an dernier, un million de plus qu’en 2017, et ce sans la sortie d’un nouveau tome d’une grosse série, comme ce fut le cas avec Astérix qui avait boosté les statistiques de 2017 pour la sortie de son dernier volume. Autres segments en croissance, toujours selon l’institut GfK : les livres pour la Jeunesse (+1% en CA), les Sciences Humaines et Techniques (+1,5%), le Parascolaire (+2%) et enfin le Loisirs/Vie Pratique (+0,5%).

La bonne forme du secteur BD est à attribuer en grande partie au segment manga, qui est celui en plus forte progression, de + 11.1% par rapport à 2017. En 2018, plus d’une BD sur 3 vendues en France était un manga avec 38% de part de marché et 16 600 105 exemplaires écoulés. Notre chère « BD japonaise » a donc franchi son plafond historique de 15.1 millions de titres vendus, qui remontait à 2008.

Evolution ventes marche 2018

En comparaison, la BD Franco Belge réalise des scores plus mitigés. Selon GfK, on constate une baisse de 5% dans le secteur de la BD jeunesse (24% du marché) qu’il faut surtout attribuer aux titres patrimoniaux et un recul de 2% pour la BD de genre même si, dans ce secteur, la fiction contemporaine ou la Non fiction se portent bien avec respectivement +15 % et + 35%. Enfin les comics, après une année 2017 difficile (-6%), rebondissent avec une progression de 5% voire même de 8% dans le segment spécifique de la BD de super héros.

gfk-bandes-dessinées-2018

Derrière ces chiffres globaux qui montrent clairement la bonne forme du manga, le top de ventes BD fait plutôt la part belle aux best-sellers 2018 de la BD francobelge :

top-ventes-bd-2018

Si le secteur de la BD dite classique attire, en effet, plus de lecteurs que celui du manga – un peu moins de 7 millions pour le premier contre un peu moins de 2 pour le second, voir ici – les lecteurs japanophiles sont beaucoup plus voraces et la forte tomaison des mangas fait que le top des ventes en BD par séries est sans appel : les trois premières places sont occupées par One Piece, Fairy Tail et My Hero Academia.

Le manga se porte donc très bien, depuis son rebond en 2014, preuve en est l’intérêt qu’il suscite de nouveau dans le monde éditorial et qui engendre plusieurs nouveaux acteurs arrivés sur le marché depuis 2 ans : H2T, Chatto Chatto, Shibuya Edition, Shiba Edition, Vega Edition, Meian Edition… pour ne citer que les plus remarqués. Pour autant, selon le bilan annuel du blogueur Mangachat, le nombre de publication est légèrement reparti à la baisse avec 1673 sorties pour 1700 en 2017. Plusieurs éditeurs ont en effet réduit la voilure en terme de publication cette année, comme nous le verrons plus loin en fin d’article. Avec un peu moins de titre publié, la progression record de cette année n’a donc rien d’artificielle. Mais quelles en sont les raisons ? Et est-ce que ce nouvel essor est plus solide que le précédent ?

Pour tenter de répondre à ces questions, tournons-nous maintenant vers les séries les plus populaires dans l’hexagone et vers celles qui les remplaceront peut-être un jour, alias les meilleurs lancements manga 2018 !

Séries : le turn-over des best-sellers

Comme nous l’expliquions plus haut, les trois séries les plus populaires du marché de la BD en France sont des mangas. Pour autant il faut relativiser : de par sa tomaison plus importante, le format manga a mécaniquement un avantage quand on parle de volume de ventes. De plus, jusqu’à présent, les 10 licences mangas les plus vendues représentaient plus de 50% du marché et concentraient donc logiquement le lectorat. Derrière la bonne forme apparente dans les classements, les performances du manga ont fini par être fragilisées puis sanctionnées il y a 10 ans, lors de l’érosion des ventes de nos mastodontes entre 2009 et 2014, et il a fallu l’arrivée du Japon de nouvelles séries populaires pour assister à un  re-décollage des ventes.

Bilan Manga séries 2018

Pour ce qui est de 2018, commençons avec le leader du marché. Alors qu’il représentait 15% du volume des ventes en 2013, One Piece voit sa part de marché divisée par deux en 5 ans. Cela ne signifie pas pour autant que la série a perdu la moitié de son lectorat, car le marché a cru dans l’intervalle ce qui amplifie la baisse de part de marché, mais la série de Eiichiro Oda est tout de même passée de 1.8 millions à un peu moins 1.3 millions de tomes écoulés par an. Néanmoins, Luffy et ses compagnons restent les seuls au-dessus du cap symbolique du million d’exemplaires écoulé et ils devancent largement ses concurrents. La chute sera sans doute plus prononcée en 2019 pour Fairy Tail avec son dernier tome paru en janvier. En attendant, il a fêté dignement 2018 avec une progression notable des ventes, malgré un nombre de nouvelles itérations bien inférieur (2 en 2018 contre 6 en 2017). Le progrès s’explique par une offre commerciale sur les premiers tomes à prix réduit, un impact des tomes hors séries, qui ne sont pas comptés avec dans les chiffres GfK, et peut-être aussi un début de rattrapage des lecteurs retardataires voyant la série se conclure. Dans un genre assez similaire on pense aussi à Naruto et sa suite Boruto qui permet à la série de se maintenir même après la fin de son canon principal à 3.3% de part de marché, un peu au-dessus des 500 000 livres écoulés.


One Piece 88 
 Fairy Tail 62  boruto-naruto-next-generations-t5-270x411 

Mais la relève est bien en route : après un quasi doublement des ventes en 2017, My Hero Academia continue sur sa lancée en progressant de plus de 49% en 2018, pour atteindre 4.3% de part de marché soit un peu plus de 700 000 exemplaires écoulés, 2 ans après ses débuts dans notre hexagone. De tous les best-sellers issus du Japon dans les années 2010, MHA est pour l’instant le plus gros hit de la décennie surpassant en ventes cumulées l’Attaque des Titans qui n’est jamais parvenu à dépasser les 450 000 exemplaires sur un an. My Hero Academia est d’ailleurs, en 2019, déjà numéro 2 du marché. Mais la route est encore longue jusqu’à la pôle position. Il faut également compter avec l’immortel Dragon Ball qui s’est offert une seconde jeunesse avec Dragon Ball Super, qui cartonne depuis l’an dernier et en fait profiter son aîné :  +97.2% pour le volume des ventes de DB Super en 2018 soit 2.2% de part de marché, et un bond de 24.4% pour Dragon Ball (1.9% de part de marché). Moins vieux mais tout aussi remarquable, on peut aussi noter la performance de Berserk, 10e du classement avec 15 ans d’existence et un seul nouveau tome par an, c’est dire la fidélité admirable de son lectorat qui permet la vente de 280 000 exemplaires en 2018.

 My Hero Academia 13  DB Super 5  Berserk 39

En dehors de ce quintet One Piece, Fairy Tail, Naruto, Dragon Ball et Berserk, les autres séries de ce top ne sont sur le marché français que depuis 5 ou 6 ans maximum et caractérisent bien ce renouvellement dans le top des ventes. Arrivé en 2016 avec My Hero Academia mais sur un rythme de parution un peu moins soutenu, One-Punch Man s’en sort bien et progresse de quasiment 10% en volume de vente soit 3.1% de part de marché : un joli demi-million de tomes écoulés en 2018. Toujours né en 2016 on note, en 12e position, Black Clover, porté par un anime qui a débuté fin 2017 et qui lui fait faire un bond de 44.4% de ses ventes pour arriver à 1.5% de part de marché, soit 250 000 exemplaires ayant trouvé preneur. D’autres challengers des années 2010 font aussi des scores intéressants. La saga Tokyo Ghoul qui s’est achevée en ce début 2019 a progressé de 10% en 2018 pour 2.6% de part de marché, à parts égales entre TG : Re, en progression de 45% et TG qui recule lui de 8.6%. De même, Assassination Classroom progresse de 20% avec un tome de moins qu’en 2017, à 2% de part de marché. Placé entre ces deux  derniers seul l’Attaque des Titans fait grise mine en reculant de 12 % à nombre de tome constant, arrivant à 2.3% de part de marché soit un peu plus de 380 000 exemplaires vendus. Mais cette saga n’a probablement pas dit son dernier mot.

 ONe-Punch Man 12 Black Clover 15  L'attaque des Titans 26

Tous les hits du Japon ne font donc pas forcément des énormes cartons, à l’instar de Seven Deadly Sins qui gagne deux places par rapport à l’an dernier mais qui aura mis 5 ans à dépasser les 200 000 exemplaires… Mais il y en a qui, au contraire, déboule comme de véritables fusées. Si vous êtes observateur vous avez en effet remarqué en 11e position l’irruption d’une nouveauté 2018 : The Promised Neverland, qui nous offre la transition parfaite pour évoquer les meilleurs lancements de l’année !

Les middle-sellers enfin à l’honneur

Lancements manga 2018

Comme nous l’évoquions plus haut la meilleure forme du marché du manga est globale : l’intégralité de ce top 20 des meilleurs lancements est au niveau ou au dessus des 10 000 exemplaires vendus sur le premier tome… même si le 20e Birth Of Livai n’est pas vraiment une nouveauté mais plutôt une réédition couleur et qu’il s’est écoulé légèrement au-dessus des 9900 exemplaires pour être exact. Toujours est-il qu’en 2014, année de la relance du marché français, seuls 6 lancements avaient réussi à se placer à ce niveau. La tendance de fond est donc là.

Autre élément clé encourageant : les 5 premiers lancements sont tous des shônen là où les éditeurs, il y a 7-8 ans, évoquaient un segment saturé. Avec l’arrivée de nouvelles séries depuis 2014 comme Tokyo Ghoul, L’attaque des Titans, Assassination Classroom, My Hero Academia, One-Punch Man, … on aurait pu croire le passage de relais fini et le secteur à nouveau bouché. Mais non, l’appétit demeure intact pour la catégorie reine du manga, signe que de nouveaux amateurs continuent d’arriver et que le media manga parvient à se maintenir, voire progresser parmi les nombreux loisirs (japanimation, jeux vidéo sur console ou mobile, séries TV, réseaux sociaux…) proposés aux lecteurs et qui cherchent eux aussi à capter leur attention, leur temps… et leur porte-monnaie !

Cet élan plus global qu’un renouvellement de best-seller s’explique aussi par un changement de physionomie du marché du manga en France et une moindre dépendance aux blockbusters. C’est ainsi qu’autant de lancements réussissent à faire de si bon démarrages par rapport aux années précédentes : les éditeurs ne mettent plus tous leurs œufs dans le même panier et communiquent plus généreusement et plus efficacement dans l’année, y compris pour des séries qui n’ont pas de potentiel mainstream.  Enfin, en rejetant un œil au classement par série, on constate que les 10 mangas les plus vendus cumulent seulement 36% du volume global, comme en 2017, bien en deçà des 50 % qu’elles s’accaparaient au début des années 2010. Le basculement des générations de best-sellers n’explique donc pas à lui seul la bonne forme du marché du manga en France, et c’est bien une diversification, plus saine, qui est en train de se mettre en place.

 The Promised Neverland 1  black_torch_1  Atelier des sorciers 1

Pour en revenir à ce top lancement, et comme mentionné ci-dessus, le nouveau raz-de-marée 2018 est, selon le dire des éditeurs japonais, « le fameux shônen du magazine Shônen JUMP qui n’est pas un shônen du Shônen JUMP » : l’original et prenant The Promised Neverland a réussi son pari et s’écoule à mi-chemin entre 50 et 100 000 exemplaires pour le tome 1, et 250 000 exemplaires environ sur les 5 tomes parus l’an dernier. Une performance assez incroyable pour une année de lancement et qui permet de qualifier ce titre prenant de petit phénomène. On vous encourage à jeter un œil ici pour comprendre les raisons du succès., qui ne s’est pas démenti en 2019 : Jérôme Chelim (directeur marketing chez Kazé) annonce dans Livres Hebdo : « En un an, nous avons vendu plus de 100 000 exemplaires du premier tome de The Promised Neverland, et 300 000 exemplaires sur l’ensemble de la série ».

Vient ensuite une bonne surprise, y compris pour son éditeur Ki-oon, qui ne voyait pas Black Torch faire une aussi belle performance avec pas loin de 38 000 exemplaires du premier opus écoulés et un plébiscite pour cette série qui s’est achevée dans l’année en 5 volumes. L’accueil de son auteur à Japan Expo dans quelques jours sera probablement des plus chaleureux ! Puis c’est une héroïne et une mangaka qui viennent compléter le podium, aux éditions Pika, avec L’Atelier des sorciers : autour des 35 000 exemplaires vendus pour son tome 1. Il a été présenté au public français à travers le salon Livre Paris en mars 2018 et, malgré une publication assez lente, ce titre sur la magie a des armes pour se faire une belle place et devenir, au moins, un très bon middle seller. Pika éditions double ensuite la mise avec un autre shônen par le mangaka star de leur catalogue, Hiro MASHIMA. Edens Zero, dont le premier tome a pourtant été publié en octobre, fait un très joli démarrage, lui aussi autour des 35 000 copies écoulés. Pour en finir avec ces lancements au-dessus de 30 000 unités, on citera Dr Stone qui fait un joli score pour un Boichi, peu habitué à ce niveau de ventes en dehors du célèbre Sun-Ken Rock, mais Glénat sera sans doute un peu déçu de ne pas voir son plus gros lancement de l’année un peu plus haut dans le classement. Pour autant, on notera qu’une seconde série de Boichi, le seinen Origin chez Pika, lancé plus discrètement, atteint une très honorable 10e place. Le même auteur, deux fois dans le top 10 lancement la même année, ce n’est pas si souvent !

 Edens Zero 1  Dr Stone 1  Origin 1 

A partir de la 6e position, les ventes se situent sous les 20 000 exemplaires vendus selon GfK, puis elles déclinent progressivement jusqu’à atteindre la barre des 10 000. Pour ces titres comme pour les précédents, on gardera d’ailleurs un œil au mois du lancement car, même si une bonne partie des ventes se fait autour des semaines de la sortie, la visibilité que peut avoir un titre en 10 mois, avec la sortie des tomes suivants et la promotion qui va avec n’est pas comparable à un tome qui sortirait tout seul en fin d’année. Ceci étant dit, on retrouve donc en 6e place l’un des lancements phares de Kana, alias Moriarty qui était fortement mis en avant lors de Japan Expo, puis vient La Magie du rangement illustré, l’adaptation aux éditions Kurokawa du phénomène éditorial de Marie KONDÔ, aussi décliné en série live sur Netflix, puis le spin-off S de Fairy Tail, et enfin Goblin Slayer lancé en septembre et accompagné par la sortie de son light novel, les deux chez Kurokawa.

 Goblin Slayer 1  Magie du rangement  moriarty-t1

Dans la seconde moitié de tableau, on retrouve Les Montagnes Hallucinés aux éditions Ki-oon, l’adaptation réussie du roman de Lovecraft qui fait un joli score pour une sortie en octobre, puis Made In Abyss chez Ototo dont on aurait pu espérer peut-être un peu plus tant le bouche à oreille était bon (on y a même participé, ici). Mais, avec No Game No Life en 18e place, cet éditeur de petite taille place donc deux lancements dans le top 20 et continue de gagner en crédibilité d’année en année. S’en suivent deux spin-off et reboot avec Koro Quest (Assassination Classroom) puis Fruits Basket Another (Fruits Basket) qui prouve que tout le monde ne peut pas faire si facilement un revival aussi réussi commercialement parlant que Dragon Ball.

 Montagnes hallucinés 1  Made in Abyss 1  FB Another 1

En 15e position, l’un de nos chouchous de l’année chez JDJ, Otaku Otaku, dont la place au classement s’explique au vu du public de niche qu’il vise, même s’il dépasse les objectifs de son éditeur. Idem pour Final Fantasy Lost Stranger chez Mana Books qui fait bien le job en 16e place. Difficile de dire si la 17e place de Beyond The Clouds, création phare des éditions Ki-oon en 2018 et lancé à Japan Expo les satisfait, d’autant qu’elle est la seule des dites créations dans le top 20 et que Tetsuya TSUTSUI, un habitué de ce classement, n’y figure pas avec sa nouveauté 2018, Noise. Mais ces créations sont l’occasion d’être des licences qui peuvent être vendues à l’étranger, voire au Japon comme c’est le cas pour Noise, ce qui permet de diversifier les revenus. Enfin, on se réjouit de voir, même à la 19e place, Kingdom, le pari des éditions Meian, atteindre la barre des 10 000 exemplaires. Ceci devrait assurer, vu le format d’abonnement proposé, une rentabilité correcte à la série.

 Kingdom 1  Beyond-the-Clouds-tome-1  otaku_otaku_1

Tendances de marché : les marges de progression

Les autres informations que l’on peut tirer de ces deux tops concernent les segments du manga : le shônen, le seinen et le shôjo tout d’abord. Comme évoqué avec le top lancement, le shônen possède un vrai dynamisme alors qu’il est déjà leader de très loin : ses ventes augmentent de 16.4% ce qui le place à 66.7% de part de marché. Deux mangas vendus sur trois en 2018 étaient donc des shônens. Le seinen qui a été le seul a tenir bon pendant les années difficiles connaît désormais une période de relative stabilité : ses ventes progressent de 1.4%, moins que le marché en 2018 donc et représentent 22.4% de part de marché. Les seinens reviennent d’ailleurs souvent lorsque que l’on demande aux éditeurs leurs déceptions 2018, et ils citent même à nos confrères d’Animeland quelques titres, de la simple déception au véritable four : Isaak, Jusqu’à ce que nos os pourissent, Silver Wolf, Blood Bone, Hikari-man, Centaures, Kedamame, Drop Frame, … (plus d’infos dans leur Hors-série l’Année manga). De même le secteur Kodomo, avec 1.6% de part de marché est très concurrentiel avec une offre énorme hors du monde du manga. On citera enfin, pour info, que le manga érotique représente 0.9% des ventes et les segments « autres » 0.4%.

C’est finalement le shôjo qui s’en tire pas si mal si l’on en croit les éditeurs. En effet, la part de marché de ce segment a été quasiment divisée par deux de 2011 à 2017, passant de 16 à 8.8% mais elle semble vouloir se stabiliser. Les ventes progressent même en 2018, de 9.9% en volume, légèrement moins que le marché néanmoins, ce qui entraîne une part de marché à 8.1%. Mais il est encore trop tôt pour se réjouir ou parler de renouveau car 2018 a été une année avec une large offre dans ce secteur, notamment avec la nouvelle collection Pika par exemple, ce qui peut expliquer ce rebond qui, au vu des chiffres du premier trimestre 2019 n’a pas encore l’air d’avoir semé des graines. Le problème reste encore la visibilité des titres shôjo et leur difficulté à sortir de la simple romance scolaire ou superficielle. Le shôjo c’est donc l’un des secteurs qui a un public à reconquérir, et une preuve que le marché du manga a encore du potentiel !

Pika Shôjo 2018

Pika Shôjo : une sacré offre en 2018 !

Et si nous disons « L’un des » c’est aussi qu’une autre segmentation du marché peut-être faite. Comme nous l’avons indiqué en première partie, 1673 sorties ont orné les étagères des libraires en 2018, ce qui correspond à 723 séries ou one-shots (740 en 2017) qui se répartissent en 691 mangas, 9 manhwas, 9 manhuas et 36 manfras et autres global mangas. La prédominance des titres japonais n’a absolument rien de surprenant mais c’est la proportion de titres venant de la Corée du Sud, de la Chine ou de la France et d’Europe qu’il convient de noter : si les manhuas avaient un temps compensé la baisse et le quasi abandon du manhwa par les éditeurs français, c’est désormais le made in France qui semble prendre le relais. A titre de comparaison, en 2015, on comptait 15 manhwas, 32 manhuas et 22 manfras et global manga. Une tendance pour le manga français qui semble aller dans le sens de l’histoire au vu du succès d’un Radiant mais aussi de par l’intérêt de produire local, avec des auteurs beaucoup plus disponibles pour promouvoir leurs titres et rencontrer leur public… Reste néanmoins une réputation (encore vérifiée malheureusement) de simple machine à fric où des titres tentent de surfer sur cette mode de la french touch sans pour autant être à la hauteur, face à un public français qui a déjà été déçu par le passé et qui est devenu méfiant, voire qui refuse tous les mangas sans auteurs made in japan. Radiant, Dreamland, Outlaw Players et d’autres ont permis de reconnecter le genre à son lectorat mais le travail est encore long, pas tant en terme de dessin, qui a largement progressé, qu’en terme de narration et de mise en scène et de découpage, où le Japon est encore un cran nettement au-dessus pour la plupart des titres.

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Enfin, après avoir parlé des œuvres en long, en large et en travers, impossible de ne pas finir notre bilan sans dresser un panorama des acteurs du marché : voici les chiffres et l’analyse du top des éditeurs !

Editeurs : surfer sur la vague ou innover ?

Voici sans plus attendre le top 10 des éditeurs selon leur part de marché en volume de vente pour l’année 2018. Sont inclus l’évolution de leur volume de vente ET de publication pour analyser plus facilement la progression de chacun.

Top 10 éditeurs 2018

Si tous les éditeurs du top 10 voient leur volume de ventes progresser (nous verrons que ce n’est pas le cas de tout le monde), les variations sont loin de se ressembler et encore moins de s’expliquer de la même façon. Voici la revue de détail qui utilisera ces chiffres, le chiffrage des publications compilé par Mangachat ainsi que quelques petites informations supplémentaires comme les progressions et part de marché en valeur, correspondant au chiffre d’affaire, c’est à dire l’argent généré par la vente des mangas. Plus les chiffrages en volume et en valeur s’éloignent l’un de l’autre, plus cela signifie que l’éditeur a vendu des titres soit plus cher, soit moins cher que la moyenne sur l’année écoulée.

On commence avec Glénat Manga : un volume des ventes qui augmente de 13.2% et une part de marché à 22.7%, des chiffres qui s’alignent sur ceux en valeur (+14.4% et 22.4% en pdm). L’éditeur conserve, et de loin, sa première place en étant sur plusieurs front à la fois ET tout en diminuant son nombre de sorties depuis deux ans, de 130 en 2016 à 112 en 2017 et 106 l’an dernier. Cela n’empêche pas Glénat Manga de proposer de nombreux lancements, 16 cette fois-ci, dont 6 mangas français en 2018 qui constituent un axe majeur de son année, même si aucun n’a réussi à atteindre le top 20. Et il en va d’ailleurs de même avec la majorité des nouveautés de l’éditeur en 2018. Heureusement, un autre point est la bonne tenue de son fond de catalogue qui s’imbrique bien avec certaines nouveautés : Gunnm au cinéma, Ranma 1/2 réédité et un retour annoncé à Angoulême de son auteure, la réédition de Blame et Aposimz, la nouvelle série de son auteur, Dragon Ball Super… Si on ajoute un lancement convenable de Docteur Stone et la bonne forme de Berserk, on peut se dire que 2018 ne se passe pas trop mal. En 2019 il faudra par contre, et cela ne sera pas si facile, trouver un remplaçant à Tokyo Ghoul !

 Blame  Gunnm  Ranma 1-2 

En seconde place on retrouve le duo Pika et nobi nobi dont les chiffres se décomposent ainsi : +6.1% des ventes et 16.8% de part de marché pour Pika pour un nombre de publication colossal mais stable (242 sorties en 2018 contre 246 en 2017) et nobi nobi qui fait un carton avec +67% de ventes en plus et 1% de part de marché pour un nombre de sorties identique à 35 volumes. Pour ce qui est du chiffrage en valeur pour Pika, il est légèrement inférieur à celui du volume, mais avec Fairy Tail, L’attaque des Titans et Seven Deadly Sins qui représentent plus de la moitié des ventes de l’éditeur, rien d’étonnant que cela tire la moyenne des prix vers le bas. Mise en parallèle du nombre de sorties, cette prépondérance des best-sellers donne un résultat mitigé pour le reste du catalogue qu’il s’agisse du fond ou des nouveautés. Ces dernières étaient, elles aussi, nombreuses : 30 nouveaux titres Pika ont débarqué en 2018, avec un axe shôjo fort, réparti sur 3 collections, et également 8 nouveautés Pika Graphic.

Mais ce sont d’autres manga qui ont réussi à se faire une place dans le top lancement : l’Atelier des Sorciers, Edens Zero, Origin, Fairy Tail S et Birth of Livai Couleur. Un joli quintet et des sources de réjouissance pour l’avenir. Néanmoins, est-ce que les deux premiers pourront remplacer Fairy Tail qui vient de se finir en janvier ou deviendront-ils plutôt des bons middle-sellers ? Les chiffres GfK du premier trimestre 2019 pencherait plutôt la deuxième option mais rien n’est joué et peut-être que plusieurs middle-sellers au milieu de l’offre pléthorique de Pika, comme un To Your Eternity toujours en croissance, feront aussi bien l’affaire. Enfin, ajoutons que les éditions H2T (numérique et papier) ont à leur tour rejoint le giron de Pika mais que leur contribution au format papier est encore très discrète, avec 6 volumes en 2018.

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Autre cas très intéressant, celui de Kana qui précède Pika de 2 ans dans la gestion de la fin d’un best-seller et qui, à cet égard, s’en sort plutôt bien : une progression de 4.3% en volume et 13.8% de part de marché, pour un nombre de publications stable ainsi qu’un chiffrage en valeur aligné sur celui en volume (+4.9% et 12.9% de pdm). L’éditeur a proposé 23 nouveautés en 2018 en balayant un spectre large : pas mal de shônen, des shôjos bien accueillis, des seinens, des titres patrimoniaux et du kodomo… Bref, Kana n’oublie personne ! Côté lancements, ceux de 2018 se sont classés à 3 reprises dans le top 20 mais ont plutôt un profil de middle sellers : Moriarty, Koro Quest et Otaku Otaku. C’est donc un nouveau best-seller dont Kana a besoin et c’est tout le mal qu’on lui souhaite ! Le nouveau KISHIMOTO peut-être ?

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En parlant de best-seller, Ki-oon démontre bien l’impact que peut avoir ce dernier sur le volume des ventes : il progresse ici de 23.2% avec une part de marché à deux chiffres, de 10.3%. Les chiffres en valeur s’alignent globalement sur ceux en volume et on remarquera que cette progression se fait avec une belle stabilité du nombre de sorties depuis quelques années (le petit frère Mana Books n’étant pas compté pour le moment dans notre classement).  Du côté des nouveautés, il y en a 12 avec une offre assez variée (excepté du shôjo) et on notera surtout le lancement d’une collection de création originale. L’éditeur en publie depuis ses débuts mais a décidé de formaliser et dynamiser cette politique en 2018 et pour les années à venir. Le résultat pour cette première année semble mi-figue mi-raisin, comme évoqué dans notre analyse des lancements. Les titres qui se sont fait remarquer, en dehors de My Hero Academia qui continue de passer des paliers à une vitesse remarquable, sont finalement Black Torch, que le directeur éditorial Ahmed AGNE n’attendait d’ailleurs pas aussi haut, et Les Montagnes Hallucinés qui fait un joli score en deux mois. On attend donc de voir ce que Ki-oon réussira à faire en 2019, une année avec pas mal de potentiel… Peut-être même verrons-nous un nouveau shôjo dans leur catalogue ?

   King of eden   Noise 

Vient ensuite les éditions Kurokawa qui signe une année assez stable : avec une progression de 3.3% en volume, l’éditeur perd un peu de part de marché pour revenir à 8.7% mais le tout se fait avec un nombre de volume identique à 2017 et un chiffrage en valeur en ligne avec celui en volume. Le nombre de lancement est assez modéré, il y en a eu 8 avec l’arrivé d’une nouvelle collection, Kuropop qui propose surtout des artbooks, des romans et des mangas qui sortent du format habituel, comme La magie du rangement illustré, correctement classé dans le top lancement aux côtés de Goblin Slayer, et un Traits de Famille dont les droits ont été vendus au Japon. Seule surprise : pas de Pokémon dans ce top, alors que c’est là aussi une saga qui est habituée aux très bonnes ventes. Mais One-Punch Man se portant bien et semblant bien installé, on attend de voir les prochaines nouveautés de l’éditeur sans trop d’inquiétude !

Si ce n’est pas pour 2019 ou 2020, Kurokawa pourrait bien être challengé par Kazé Manga dont les ventes connaissent une forte progression de 17.9% et arrive à 7% de part de marché en volume, et ce tout en réduisant nettement la voilure niveau sortie, à 102 volumes en 2018 contre 130 en 2017. Porté par le phénomène The Promised Neverland, l’éditeur n’a, en effet, proposé que 4 nouveautés en 2018, un record pour une maison de cette envergure. Avec Black Clover qui fait une belle progression, Kazé Manga donne l’impression de vouloir concentrer son offre en ne gardant que le meilleur. On verra si 2019 confirme la tendance !

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On descend une autre marche avec deux éditeurs de la même maison et à chacun 3.6% de part de marché. Soleil Manga tout d’abord qui fait une bonne année 2018 avec une progression de 9.6% du volume des ventes tout en gardant stable la taille de son offre, à 107 volumes. Le nombre de nouveautés est dans la fourchette haute avec 16 titres proposés mais Soleil a la particularité de proposer beaucoup de séries courtes voir des one-shot, qui atteignent rarement le top des ventes et qui appuient plutôt une optique quantitative et avec un renouvellement fréquent. Niveau fond de catalogue, on pourra noter la bonne forme de Splatoon qui a dépassé les ventes du titre Zelda, selon le témoignage de son éditeur dans le magazine d’Animeland. Le suivant dans le classement est le duo Delcourt-Tonkam qui progresse un peu, de 6.5%, moins que son offre qui augmente de 9.8% et on notera aussi la progression en valeur de 30.7% que l’on doit aux 5 rééditions d’Osamu TEZUKA qui ont été bien accueillies (pour du titre patrimonial s’entend, ne les cherchez pas dans le top lancement) et qui pèsent pour beaucoup dans la progression du chiffre d’affaires. Seul le retour de Fruits Basket, avec Another, se hisse dans le top et parmi les 13 lancements de Delcourt-Tonkam, les autres ont visiblement peiné à se faire remarquer mais Dead Tube, World’s end Harem et Jojo se portent à merveille si l’on en croit les dires de l’éditeur.

 histoire Des 3 Adolf-Integrale90ansT2  splatoonT4  worlds End Harem T1

Un peu plus loin, mais avec un écart qui se réduit, un autre duo fait une belle année : Ototo et Taifu voient leur volume de ventes progresser de 26.9% (+37 pour Ototo et +4.3 pour Taifu) et leur part de marché s’établit à 2.3% aux environs de 400 000 exemplaires écoulés. Une progression à modérer de part une offre qui augmente elle aussi de 17.3% en moyenne (+14 volumes pour Ototo et -1 pour Taifu). On compte 10 nouveautés chez Ototo, en grande partie pour des sagas déjà en place comme SAO ou Re:Zero, mais deux nouvelles séries, Made In Abyss et No Game No Life, se sont fait remarquer dans le top lancement, même si Monster Musume auraient peut-être pu les rejoindre s’il n’avait pas été lancé fin 2017. Ototo optimise donc bien la fin de sa série populaire de son catalogue, comme Spice & Wolf et poursuit son développement tandis que Taifu se maintient. Le cumul des deux et cette 9e place confirment en tout cas son titre de plus grands des petits éditeurs. Le match avec Delcourt-Tonkam & Soleil sera sans doute intéressant à suivre car ils ont des politiques et des identités assez différentes.

 No game no life 1   Monster Musume 3  spice-wolf-16-ototo

Et pour finir ce top 10 on peut noter une belle année des éditions Doki-Doki, avec une progression de 20.7% des ventes à nombre de volumes quasi-constant et une part de marché de 1.4%. Si commercialement parlant, il semblerait que The Rising of the Shield Hero compensent en partie la fin de Sun-Ken Rock l’éditeur propose aussi pas mal de choses et surtout 12 nouveautés, un nombre assez important vu la taille de l’éditeur. Ce renouvellement se fait sous le signe d’un tout nouveau contrat avec l’éditeur japonais Square Enix, avec des séries plutôt courtes et assez réussies. On citera Battle Game in 5 seconds, succès japonais qui est à surveiller en 2019 et Ken-en qui a fait un meilleur lancement que The Rising of the Shield Hero en 2016. Avec d’autres titres en 2019 qui ont une visibilité intéressante, on verra si cette fois-ci, l’un d’eux arrive dans le top lancement !

 Battle game in 5 seconds  ken_en_-_comme_chien_et_singe_6670  The Rising of the shield hero 10 

Au delà du top 10, on retrouve d’autres éditeurs bien connus, mais dont la forme commerciale est beaucoup plus variable : si Akata (11e place, 1.4% de pdm, 67 sorties) se porte bien et progresse au même rythme que le marché en publiant quelques volumes en moins , Komikku rate de peu une marche et recule de 4.4% avec une part de marché à 1.3% et un nombre de parutions stable avec 79 sorties. D’autres chutes sont plus spectaculaires : Panini prend des airs d’extinction avec moitié moins de sorties, 5 nouveautés et un recul de 20.8% de son volume de vente. Malgré son acquisition des Rodeurs de la nuit (qui va être réédité bientôt avec un nouveau nom parait-il) l’éditeur est 14e avec 1% de part de marché. Il est juste devant Sakka-Casterman, un peu esseulé et en difficulté dans un groupe en grande restructuration, qui publie lui aussi beaucoup moins qu’en 2017 (18 contre 28), qui ne lance que 2 nouveautés et voit son volume de ventes sombrer de 30.8%, ce qui lui donne 0.6% de part de marché. Néanmoins 2019 s’annonce déjà plus dynamique et porteur d’espoir.

 

Voilà qui clôt ce dernier volet, lui aussi très positif pour une majorité d’éditeurs et avec des dynamiques assez proches de ces 3-4 dernières années. Plusieurs éditeurs en profitent pour lancer de nouvelles collections, avec du shôjo, du manga français ou des mix plus inédits comme Kuropop, d’autres se lancent aussi dans la création en global manga ou directement avec des auteurs japonais et assurent leur avenir en diversifiant leurs revenus. D’autres misent sur leur fond de catalogue en recherchant activement une nouvelle série phénomène, notamment grâce à une présence assez inédite de licences japonaises au cinéma, ou sur le manga patrimonial qui, même s’il est sous les radars en terme de volume, a connu une belle année 2018. Surfer ou innover ? En 2018, presque tout à marché de toute façon.

Mais, justement, après 5 ans de hausse, est-ce que 2019 peut être aussi porteur ? On pourrait dire que les choses vont se calmer, tôt ou tard, et que ce cycle va bien finir par atteindre un pic. Cependant, pour le moment, l’heure semble toujours à la fête : les chiffres de vente du premier trimestre de GfK indiquent une progression du volume des ventes de 11.4% et de 13.3% en valeur : le spin-off Yamcha de Dragon Ball en tête suivi de la suite de Fairy Tail et de City Hunter Rebirth qui précède Jagaaan, Classroom for Heroes et Gran Blue Fantasy ont tous fait de bons voir de très bons départs.

Alors, 2019, une année de nouveaux records ? Chiche !!

 

Dossier Bilan Manga 2018

2018 : premiers retours des libraires manga

* Ventes au Japon : une fin de cycle, déjà ?

Publication en France : une année de nouveautés

* Ventes en France : toujours plus haut !

 

Et retrouvez nos bilans des années 2010201120122013201420152016 et 2017 du marché français du manga. Tous les chiffres présentés ici sont des estimations et donc, comme toujours, ils sont à prendre avec du recul et à titre de comparaison entre les différentes années ou les différents secteurs du marché… surtout pas comme des valeurs ou vérités absolues.

Sources : GfK, Manga-newsActua BD, Manga Conseil le blog du Mangachat, le Hors-série : L’Année Manga d’Animeland, Livres Hebdo et les éditeurs et libraires.

Paul OZOUF

Rédacteur en chef de Journal du Japon depuis fin 2012 et fondateur de Paoru.fr, je m'intéresse au Japon depuis toujours et en plus de deux décennies je suis très loin d'en avoir fait le tour, bien au contraire. Avec la passion pour ce pays, sa culture mais aussi pour l'exercice journalistique en bandoulière, je continue mon chemin... Qui est aussi une aventure humaine avec la plus chouette des équipes !

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8 réponses

  1. Maneki dit :

    Toujours aussi intéressant et complet ! Cette année encore, merci pour ce bilan 🙂
    Quelques surprises en plus : je savais que Black Torch avait assez bien marché, mais je ne pensais pas que c’était autant.
    Petit regret cependant par rapport à l’an dernier : j’avais beaucoup aimé le retour des éditeurs par rapport à leurs déceptions et leurs espoirs sur leurs titres favoris… Mais tant pis, je suppose que ça demande déjà beaucoup de boulot ainsi !
    Me reste plus qu’à trouver le HS d’Animeland x)
    Sur ce, encore merci à et bientôt !! Continuez comme ça !

    • Paul OZOUF dit :

      Bonjour,
      Paul OZOUF, rédacteur en chef, et rédac de cette partie vente chaque année. Merci de nous avoir lu et du petit commentaire bien sympa !

      Black Torch est en effet une bonne surprise, j’ai hâte de voir le prochain titre de son auteur et l’accueil qu’il aura ! D’autres éditeurs ont parlé aussi de bonnes surprises pour certains de leurs titres mais sans qu’on voient ces derniers dans les tops. Tout est fonction d’objectif, mais j’ai tendance à prendre avec des pincettes de déclarations non chiffrées, c’est aussi pour celà que j’en met peu parmi toutes les déclarations qu’on peut avoir chez nos confrères, même si ça ne veut pas dire qu’ils ont tort évidemment. Comme l’Oricon au Japon il nous manque un vrai indicateur public et gratuit, en fait. A défaut vous avez ce bilan pour dresser les grandes lignes ^^
      En tout cas une interview éditeur arrive fin juillet mais c’est vrai que c’est par manque de temps qu’il n’y en a pas eu de fait maison cette année. Mais elles seront de retour l’an prochain, peut-être même que l’on commencera par ça 2019 et/ou que j’en ferai une nouvelle à l’automne.

      • Maneki dit :

        Merci beaucoup de votre réponse !
        Ma remarque par rapport au retour des éditeurs n’était absolument pas un reproche, votre bilan est bien assez complet 🙂 C’était juste pour exprimer ma curiosité. Et je comprends vos arguments, et votre envie de ne pas vous avancer sans sources solides !
        Super ! Merci beaucoup ! J’imagine bien que ça demande beaucoup de temps et d’investissement personnel, de faire ces articles. J’attendrai fin juillet pour cette interview alors ! Il me tarde !
        A bientôt !

        • Paul OZOUF dit :

          Hé hé pas de souci, je ne l’avais pas pris comme ça 😉
          Mais c’est une réflexion que je me suis fait à moi aussi, et vous avez eu raison d’en parler, ça permet de faire toujours mieux l’an prochain ^^
          RDV en juillet alors 🙂

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