Souvenirs (jap)animés #5 : Magical DoReMi

Magical DoReMi, de son titre originel Ojamajo Doremi, est un anime des années 2000 qui a marqué toute une génération de téléspectateurs. À l’occasion des 20 ans de la série et la sortie du nouveau film, Journal du Japon a décidé de consacrer son 5ème numéro de ses Souvenirs (jap)animés sur ce titre incontournable de l’animation japonaise : Magical DoReMi.

Entre sorcellerie et leçons de vie, revenons ensemble sur un anime bien loin des clichés du genre.

© Magical DoReMi

 

Toei Animation : de la création du genre Magical Girl au titre Magical DoReMi

Mondialement connu pour ses nombreux titres à succès – dont Dragon Ball, Albator ou Sailor moon pour ne citer qu’eux – le studio Toei Animation crée le genre du « Magical Girl » via sa série à succès Sally la petite sorcière (Mahō tsukai Sally) en 1966 et pose les codes du genre : on y suit les aventures d’héroïnes aux pouvoirs magiques.

Souvent accompagnée d’une créature magique, on notera, dans le genre Magical Girl, la présence d’un personnage principal féminin souvent très jeune qui se voit doté de pouvoirs magiques. Des titres du genre Magical Girl, l’industrie de l’animation japonaise n’en manque pas : Sally la petite sorcière (1966), Mako la petite sirène (1970), Chappy la magicienne (1972), Meg la sorcière (1974), Le Monde Enchanté de Lalabel (1980), etc. Plus il en est produit, plus on y définit les codes du genre : une jeune fille, des pouvoirs, un monde magique, de mignonnes créatures, une transformation de « fille normale » à « héroïne » par le biais de costumes spécifiques et d’instruments (une console, un bâton, un stylo magique…) et, pour finir, la notion de secret que seule l’héroïne et les téléspectateurs connaissent.

Mais cette industrialisation des Magical Girl amène un essoufflement relativement rapide du genre dans les années 80 par la répétition de ces codes. C’est finalement grâce à Naoko TAKEUCHI et à son titre incontournable Sailor Moon que le genre Magical Girl revient sur le devant de la scène grâce à l’adaptation animée qui débute en 1992. En effet Sailor Moon casse les codes du genre en incluant de nouveaux éléments : l’héroïne n’est plus seule mais en groupe de plusieurs filles, elles aussi dotées de pouvoirs, et les thèmes abordés deviennent plus sombres, notamment avec la présence de forces maléfiques.

Suite au succès mondial de Sailor Moon, le genre Magical Girl connait alors une seconde vague de nouveaux titres, dont plusieurs deviennent à leurs tours des incontournables, comme Card Captor Sakura, Tokyo Mew Mew, et celui qui nous intéresse aujourd’hui : Magical DoReMi.

Diffusé à partir de 1999 au Japon, Magical DoReMi arrive sur les écrans français dès 2000 grâce à la chaîne Fox Kids (renommée Jetix en 2004), puis en 2004 sur France 5 et en 2006 sur Télétoon et Gulli. On y suit la vie quotidienne de 5 jeunes filles emportées dans une drôle d’aventure qu’est la magie : Doremi, Emilie (Hazuki en VO), Sophie (Aiko), Loulou (Onpu) et Mindy (Momoko). La série se base sur des scènes de vie du quotidien, avec des sujets réels et des personnages émotionnels. Ici, on note l’absence majeure de forces maléfiques qui viennent envahir le monde. Même si la série n’a pas pu se passer de quelques personnages aux intentions malveillantes, les héroïnes de Magical DoReMi sont des apprenties sorcières et non des sauveuses, elles n’ont aucune mission divine et n’ont pas vocation à accroître leur force pour se battre, à l’inverse des titres cités plus haut comme étant des incontournables du genre Magical Girl.

La force de la série est son mélange d’ambiance quasi permanent, entre humour et mélancolie, qui offre de nombreuses émotions aux téléspectateurs. Sa faculté à faire passer le téléspectateur du rire aux larmes en un claquement de doigt est l’une des caractéristiques premières du titre. D’une scène comique à une mélancolie sans égale, Magical DoReMi frappe par la justesse employée dans le traitement des personnages et des sujets, ainsi que par sa réalisation, que ce soit grâce aux designs des personnages, aux décors à l’aquarelle ou à l’OST remarquables. Pour autant, Magical DoReMi a beaucoup divisé les téléspectateurs, et sa classification d’incontournable n’est pas justifiée aux yeux de tous.

 

Magical DoReMi : une approche à part du genre Magical Girl

Bien que Magical DoReMi soit un titre qui fait encore l’actualité (ce que nous verrons plus loin), il faut reconnaître que les téléspectateurs n’ont pas tous été au rendez-vous au début des années 2000. Beaucoup d’amateurs du genre Magical Girl ont regretté l’absence de combat et d’action héroïque, au détriment du sentimentalisme permanent de la série.

Un sentimentalisme trop niais ?

Magical DoReMi

© Magical DoReMi

Ce que nous présentons dans cette chronique comme la force de la série peut aussi être perçue comme sa faiblesse. La division des téléspectateurs est justifiée par le parti-pris de la série qui est de conter la vie de tous les jours de jeunes filles âgées de seulement 8 ans dans la première saison, jusqu’à leurs 12 ans dans la dernière. Ainsi, on retrouve facilement les connotations de « enfantin » et « niais » accolés au titre de Magical DoReMi. Cette tendance à voir cet anime comme destiné à un jeune public se justifie également par le character design des personnages loin d’être réalistes (de grosses têtes, des coiffures improbables et des corps sans formes), l’univers ultracoloré et les openings aux paroles simplistes qui tournent principalement autour des sujets de l’école, de l’amusement et de la bonne humeur.

Pour autant, il serait dommage de se limiter à ces apparences. Bien qu’il soit évident qu’un adulte qui découvrirait le titre aujourd’hui ne serait surement pas aussi réceptif aux sujets traités par la série que s’il l’avait découvert plus jeune, il n’en reste pas moins un titre qui traite de sujets à la fois forts et délicats, et qui sait arracher les larmes des téléspectateurs, même des plus âgés.

Des personnages profonds

L’une des premières caractéristiques qui a démarqué Magical DoReMi de nombreux autres titres est le développement des personnages. Là où Sailor Moon, notamment dans la version manga, ne donne pas vraiment de place aux coéquipières d’Usagi, et là où Card Captor Sakura ne traite qu’en superficie des camarades de Sakura, Magical DoReMi, lui, exploite l’ensemble de son casting.

Que ce soit les protagonistes ou les personnages secondaires, la série traite en profondeur tous ses personnages et offre ainsi une multitude de profils différents aux téléspectateurs, qui finiront forcément par s’identifier à au moins l’un d’entre eux. Loin de se limiter aux clichés du genre, les émotions des personnages sont complexes et profondes, et une place est laissée à chacun d’entre eux. On oublie ici les émotions manichéennes, l’accent est mis sur l’importance du contexte dans les prises de décisions ainsi que dans les réactions émotionnelles et comportementales.

On peut faire le rapprochement avec l’une des plus grandes théories de la psychologie sociale. Dans les années 60, deux chercheurs ont réalisé une expérience sociale (E. E. Jones et V. A. Harris, 1967) reprise 10 ans plus tard par Lee Ross qui a formulée une théorie nommée « L’erreur fondamentale d’attribution » (Lee Ross, 1977). Selon cette théorie, l’être humain possède une certaine tendance à donner une trop grande importance aux attributs d’un individu au détriment du contexte. Pour être plus précis, l’erreur fondamentale de l’Homme est de juger un individu par son comportement, ses émotions et ses connaissances sans jamais prendre en compte les possibles facteurs externes. Magical DoReMi permet aux plus jeunes de s’éveiller aux principes de cette théorie sans le savoir : du jugement au pardon, les personnages vivent de multiples émotions qui permettent aux téléspectateurs de vivre de réelles leçons de vie au même titre que les héroïnes.

Magical DoReMi Magical DoReMi Magical DoReMi

Du harcèlement au racisme, jusqu’à l’acceptation de l’autre et au pardon

© Magical DoReMi

Si pendant des années les mangas et animes ont été victimes d’une mauvaise réputation en France, il est évident que de nombreux titres ne se limitent pas qu’à des scènes de « violence », comme il était souvent dénoncé par l’opinion publique dans les années 90. Et Magical DoReMi est l’un de ces titres qui prouvent que la japanimation peut même être bénéfique dans l’éducation des plus petits. Car au-delà de la multitude de personnages développés, le titre offre également un autre aspect non négligeable de la série : un large choix de sujets à traiter, du plus banal au plus complexe.

Certains d’entre eux peuvent paraître assez triviaux, comme le mensonge ou la colère, mais on retrouve dans Magical DoReMi le traitement de sujets bien plus délicats comme l’acceptation des autres, la phobie scolaire, le harcèlement, le racisme, la séparation, le divorce, le cancer ou encore le décès.

C’est donc un titre particulièrement adapté aux plus jeunes, qui les éduque sur de nombreuses valeurs comme le courage, la solidarité, la détermination ou le pardon, mais c’est également un titre qui peut charmer des téléspectateurs plus âgés qui verseront encore quelques larmes devant certains épisodes particulièrement touchants. On retrouve également dans la série certaines critiques de la société japonaise, qu’il est intéressant de regarder avec un œil plus mature, comme l’hypocrisie ou les non-dits. Et c’est justement parce que Magical DoReMi peut toucher un plus large public, et pas seulement les enfants, qu’il est aujourd’hui encore vivant et n’est pas près de s’éteindre.

 

Un titre qui n’est pas près de tomber dans l’oubli

Au panthéon des Magical Girl

Malgré la division des téléspectateurs que nous évoquions plus tôt, Magical DoReMi est l’un des titres du genre Magical Girl qui a le mieux marché au début des années 2000, que ce soit au Japon ou à l’international. Diffusé dans pas moins de 10 pays hors du Japon (la France, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la Corée du Sud, la Chine et Taïwan), Magical DoReMi a connu un succès certain qui en fait une série toujours d’actualité.

© OAV: Ojamajo Doremi Naisho (2004)

213 épisodes, répartis en 4 saisons principales et une saison d’OAVs, complétés par 2 films : Magical DoReMi n’est pas une énième série de Magical Girl qui a sombré dans l’oubli. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, c’est l’un des nombreux titres qui a marqué le début des années 2000, et ce succès on le doit à la collaboration de plusieurs professionnels de la japanimation, à l’origine de cet anime. On pourra notamment citer les réalisateurs Junichi SATO et Takuya IGARASHI, deux membres clés dans la réalisation de l’adaptation animée de Sailor Moon, ou encore le chara-designer Yoshihiko UMAKOSHI connu pour son travail sur BerserkMy Hero Academia ! ou encore Saint Seiya, pour ne citer qu’eux.

Bien que Magical DoReMi ait quitté nos écrans français depuis plus de 10 ans, le titre reste un incontournable de la japanimation et il continue de vivre au Japon. Après la série d’OAVs et les deux films qui venaient compléter les 4 saisons principales, les créateurs ont choisi de rendre hommage à la série : plusieurs suites sont maintenant disponibles, nous contant les nouvelles aventures de nos héroïnes qui ont grandi, sous la forme de romans et de courts épisodes animés.

Des héroïnes qui ont grandit

C’est d’abord par le biais de light-novel (roman japonais destiné à un jeune public) que la série reprend vie en 2011, soit 7 ans après la sortie des OAVs qui étaient les derniers en date. Sous la forme de 10 tomes sortis entre 2011 et 2019, nous suivons les nouvelles aventures de nos apprenties sorcières préférées. Ici les héroïnes ne sont plus de jeunes filles, mais des adolescentes qui entrent tout doucement dans la vie d’adulte. Ces 10 tomes intitulés Ojamajo Doremi 16 (3 volumes), Ojamajo Doremi 17 (3 volumes), Ojamajo Doremi 18 (2 volumes), Ojamajo Doremi 19 (1 volume) et Ojamajo Doremi 20’s (1 volume) nous racontent le quotidien de ces jeunes femmes en devenir : les numéros faisant référence à leur âge, on les suit de leurs 16 à leurs 20 ans.

© Ojamajo Doremi 16

La volonté de ces light-novels est d’accompagner les fans dans leur transition vers l’âge adulte : partant du principe que les fans de Magical DoReMi du début des années 2000 sont en train de grandir, ils peuvent continuer de s’identifier aux personnages. Et il faut reconnaître que l’idée tape en plein dans le mille : quoi de mieux pour un fan que de connaître la suite d’une série qui a bercé son enfance, d’autant plus si les héroïnes continuent de les accompagner au même rythme qu’eux ?

Malheureusement, les light-novels n’ont jamais été officiellement traduits en français. Des traductions de fans existent, mais elles se limitent aux 3 premiers tomes. Il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour que tous les tomes soient un jour traduits par un éditeur français. En attendant, les fans ne restent pas sur leur faim : après les light-novels suivent les « Comedy Theater » !

© Ojamajo Doremi : Comedy Theater

Les épisodes Comedy Theater (Owarai Gekijou) se comptent au nombre de 26 et se distinguent par deux aspects non négligeables : la durée des épisodes et le style graphique utilisé. Courts épisodes de moins de 2 minutes, les Comedy Theater ne sont pas réellement une suite à proprement parler. Il s’agit de simples sketchs basés sur la toile de fond suivante : nos apprenties sorcières préférées ont décidé de monter un club de comédie ! On les retrouve donc à l’adolescence, le temps de courts passages humoristiques.

Diffusés sous la forme de Web-anime dessinés dans un style épuré, les épisodes sont tous disponibles sur la chaîne youtube de Toei Animation.

De la poupée au maquillage, le potentiel de la série pour les distributeurs

© LB POP-UP THEATER 渋谷PARCO店

Des petits badges, magnets et autocollants aux belles figurines, en passant par de nombreux jouets et bijoux, Magical DoReMi voit ses produits dérivés se diversifier pour le plus grand plaisir des fans. De la même manière que les light-novels, les distributeurs de goodies, dont Bandai est l’acteur principal, ont pour vocation de s’adresser à un public qui grandit.

Au début des années 2000, on trouvait de nombreux jouets destinés aux plus petits : consoles et les bâtons magiques des héroïnes grandeur nature tout en plastique, poupées à l’effigie des apprenties sorcières avec leurs différentes tenues, voire même cadeaux dans les menus enfant du Quick. Aujourd’hui, on trouve des figurines, de la papeterie, du maquillage, de la lingerie, des bijoux, des vêtements… Bref, tout pour plaire aux fillettes des années 2000 qui ont maintenant la vingtaine ou la trentaine.

On notera d’ailleurs la création d’une boutique annuelle éphémère au Japon depuis 2017. « Limited base » propose chaque année, autour des mois de janvier et février, une boutique « Ojamajo Doremi Shop » à Tokyo et Osaka. Les produits qui s’y trouvent sont exclusifs et deviennent rapidement rares du fait qu’ils ne sont vendus que pendant un laps de temps limité. Si vous prévoyez un passage au Japon pendant cette période, vérifiez que la boutique ouvre bien ses portes l’année de votre visite pour vous organiser une petite virée shopping.

Et en parlant de dernière actualité, on ne pouvait pas terminer cette chronique Souvenirs (jap)animés consacrée à Magical DoReMi sans parler de l’annonce qui a marqué l’année 2019 pour les fans du titre : le nouveau film prévu dans les salles pour l’année 2020 !

Le film de Magical DoReMi pour l’année 2020

Intitulé À la recherche d’Apprenties sorcières (Majo Minarai wo Sagashite), le film propose un synopsis risqué, bien loin de ce à quoi les téléspectateurs pourraient s’attendre. On y suivra en effet l’histoire de trois destins croisés, trois jeunes femmes qui ne se connaissent pas : Mira Yoshizuki, employée de bureau de 27 ans, Sora Nagase, étudiante de 22 ans, et Reika Kawatani, en temps partiel dans un chaîne de restaurant et freelance de 20 ans. De prime abord, rien ne les relie. Pourtant elles vont se retrouver embarquées toutes ensembles dans une nouvelle aventure magique…!

Vous l’aurez compris, ici nous ne retrouverons pas nos apprenties sorcières comme protagonistes. Et c’est bien ce constat qui a inquiété de nombreux fans : où sont passées les héroïnes des années 2000 ? Pourquoi faire un film sur de nouveaux personnages ?

Encore une fois, la volonté de Toei Animation est de toucher les fans des années 2000. Les personnages proposés dans le film À la recherche d’Apprenties sorcières sont des jeunes femmes entre 20 et 30 ans qui ont une vie banale, comme la grande majorité des fans du titre. C’est en cette force d’identification que l’équipe du film mise pour sa réussite. Et il faut dire que l’idée est à la fois audacieuse et originale.

Pour autant, plusieurs hypothèses sont possibles quant à la possible présence de nos apprenties sorcières préférées dans le film. On notera notamment la présence de plusieurs personnages sur la première affiche officielle du film qui, même si on n’y voit que leurs ombres, laissent penser de par leur nombre et leurs formes qu’il s’agit des héroïnes du titre originel ; ou encore la présence, cette fois-ci bien explicite, de Doremi, Emilie, Sophie, Loulou et Mindy en second plan sur la deuxième affiche officielle du film.

À la recherche d’Apprenties sorcières À la recherche d’Apprenties sorcières

La sortie initialement annoncée au 15 mai 2020 dans les salles nippones fut malheureusement reportée suite aux conséquences de la pandémie de Covid-19 qui touche le monde depuis décembre 2019. Aujourd’hui, la sortie est annoncée pour l’automne 2020.

 

C’est sur cette attente que nous terminons cette chronique consacrée à Magical DoReMi. Le monde magique de nos apprenties sorcières n’a pas fini de nous faire rêver, et nous espérons que cet instant nostalgique qui ramène au début des années 2000 vous a rappelé de bons souvenirs ! On se retrouve bientôt pour une nouvelle chronique de Souvenirs (jap)animés.

Rokusan

Rokusan, 26 ans, passionnée depuis l'enfance par le Japon, je suis UX Designer freelance et grande collectionneuse de produits et de souvenirs du Japon ! @_rokusan

1 réponse

  1. Christelle dit :

    Je suis de 1994 et j ai connu magical dormi sur France 5 ! J adore cet anime et je n ai jamais cessé de l aimer. Même à 25 ans J y regarde encore ! Que de souvenirs ! Donc faite revivre l anime s il vous plaît ! >^< ça me tient à coeur !

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