The World Ends with You, du Final Remix à l’anime.

Avec la sortie cette année de Neo : The World Ends with You, nous voulions également vous faire une rétrospective de la saga, principalement du portage Switch du premier jeu et de son adaptation en anime. Vous ne connaissez pas ? C’est l’occasion de prendre votre piqûre de rappel !

© 2018 SQUARE ENIX CO., LTD.

Une collaboration Square Enix/Nintendo.

The World Ends With You, ou すばらしきこのせかい (Subarashiki Kono Sekai) dans sa langue originale, est un Action-RPG dont Tetsuya NOMURA est le réalisateur et producteur (mais si, vous savez, le créateur de Kingdom Hearts !). C’est LE premier jeu que Square Enix développe pour Nintendo et sa console tactile, la DS (sorti en 2008 chez nous). Rapidement, le jeu est un énorme succès car il exploite au maximum les fonctionnalités de la console, autant son côté tactile que son double écran, en plus d’être très original dans son gameplay et scénario.

Nous suivons le jeune Neku Sakuraba, taciturne et solitaire, qui se retrouve à entendre les pensées des personnes autour de lui, dans le quartier animé de Shibuya. Il est alors projeter malgré lui dans un « jeu » qui l’oblige à relever des défis en collaboration avec Shiki Misaki, une jeune femme pétillante et très bavarde (vous avez compris, tout l’inverse de Neku). Ce jeu est organisé par les « Reapers », des personnes sadiques qui ont tout à fait le droit de déranger les joueurs en leur envoyant des Echos (des sortes de « monstres peinture ») ou en se confrontant directement à eux pour les « effacer ».

Les attaques de Neku et des personnages qu’il va rencontrer lors de son aventure sont sous forme de badges, dont il va devoir s’équiper pour réussir à faire face aux différents obstacles sur sa route.
Le jeu a également été adapté en manga (uniquement au Japon) et, en avril 2021, en anime, dont nous vous parlons plus loin. Nous avons aussi pu voir certains personnages de TWEWY apparaître dans la licence Kingdom Hearts, sur 3DS; bref, un jeu vidéo adoré. Ce succès lui aura valu, avant la suite de cette année, d’être remastérisé d’abord pour téléphone portable puis, dans un Final Mix, sur Nintendo Switch. Et c’est de ce remake là que nous allons vous parler ici.

La différence entre la DS et la Switch ?

En 2018, 10 ans après l’original, sort The World Ends With You – Final Remix partout dans le monde, sur la Nintendo Switch. Et c’est déjà un problème en soit. Souvenez-vous, la Nintendo DS avait deux écrans, un tactile pour jouer, stylet fourni avec la console, et un écran numérique pour les vidéos, que la licence TWEWY n’a pas hésité à exploiter, y allant à fond. Dans plusieurs jeux et notamment dans celui-ci, le joueur pouvait même se servir du micro de la console, ici pour utiliser certains badges.

Sur la Nintendo Switch, il n’existe pas de second écran, ni de stylet vendu avec la console. Normal, elle est davantage une console de salon que portable. Pour l’exemple, certains jeux, comme le fameux Programme d’entraînement cérébral du Dr Kawashima fournissait un stylet avec sa boîte de jeu, pour garder la même dynamique que celle de la Nintendo DS, sur Switch. 

Bien que l’écran de la Switch garde les fonctions tactiles de ses sœurs, il est très peu utilisé en tant que tel, où en tout cas, souvent pour naviguer dans les menus des jeux lorsqu’on l’utilise comme console portable. Il reste anecdotique. Si vous souhaitez jouer en mode « console portable » à TWE’Y – Final Remix, nous vous conseillons d’investir dans un stylet si vous ne voulez pas rayer l’écran avec votre ongle… Les manettes sont totalement inutilisables dans ce mode-là. Même pour entrer dans les menus, il vous faudra les chercher sur l’écran tactile, avec votre doigt. Attention à la tendinite ! Les combats vous demandent, comme vous pouvez le voir dans la bande-annonce un peu plus haut, de faire certains patterns avec votre doigt pour pouvoir utiliser les différents badges durant vos affrontements contre les Echos.

Mais pourquoi jouer en mode console portable lorsque l’on peut jouer en mode grand écran, la console confortablement installée dans son deck, nous direz-vous ? Eh bien, vous pouvez également laisser tomber les sticks directionnels de votre Joycon. Si vous jouez avec la console sur le deck, vous devrez pointer l’écran à l’aide de la manette et appuyer sur un bouton pour faire avancer Neku à travers Shibuya. Pour les combats, à défaut de pouvoir marteler l’écran tactile, il vous faudra faire les bons gestes, façon Wiimote. Surtout que vous perdrez très souvent le centrage de votre manette et, par la même occasion, votre curseur.

Heureusement, TWEWY – Final Remix n’a pas que des défauts. Tout comme sa version DS, les musiques sont toujours aussi entêtantes (pas en mal) et originales, avec leur rythme groovy. Aussi, nous avons le droit à une refonte graphique très appréciable, surtout lors des cinématiques façon bande-dessinées. Mais, la multitude de défaut a été très frustrante tout au long du test… Ne nous faisant pas non plus oublier que nous n’avons pas le droit aux voix japonaises mais aux voix anglaises. Heureusement, les sous-titres sont en français !

Pour conclure, on peut dire que The World Ends With You n’est pas un mauvais jeu, loin de là. Par contre, le Final Remix est un mauvais portage sur Switch. Tout simplement parce que Nintendo a voulu garder des mécaniques de jeu qui ne sont plus aussi bonnes et aussi viables sur Switch qu’elles l’étaient sur Nintendo DS. A partir du moment où nous avons été obligé d’aller vérifier une mécanique de gameplay sur internet pour se rendre compte que, finalement, il s’agissait d’aléatoire, c’est qu’il y a effectivement un problème…
Malgré un nouveau scénario, de nouveaux personnages, un nouveau pan de l’histoire qui nous est raconté du côté des nouveautés, Final Remix ne nous a pas tellement convaincus. Là où TWEWY sur DS criait à l’innovation par chaque aspect du jeu, le Final Remix semble manquer de jugeote, car la Switch n’est pas la DS, ce qu’ils ne donnent pas l’impression d’avoir compris. The World Ends With You est un bon jeu, mais sur console portable.

TWEWY The Animation

©SQUARE ENIX/The World Ends with You Project

 

Le 9 avril 2021 commençait sur Wakanim une série animée dérivée diffusée entre avril et juin. Composé de 12 épisodes de 24 minutes chacun, cet anime reprend la trame du jeu éponyme. Il a été réalisé par les studios Domerica et Shin-Ei Animation, scénarisé par Midori GOTÔ et le character design confié à Gen KOBAYASHI et Tetsuya NOMURA.

Une histoire résumée, mais fidèle

Comme dans le jeu, on suit les aventures de Neku, qui se retrouve dans ce Shibuya alternatif, l’Underground où les gens choisis sont obligés de jouer pour leur survie… ou plutôt, pour leur retour à la vie. Neku va ainsi vite faire la rencontre de Shiki, puis Beat et Rhyme ainsi que tous les autres protagonistes principaux. La série comporte trois parties, comme le jeu, et ainsi l’histoire principale racontée dans le RPG y est décrite.

Principale, bien sûr, car nous parlons là d’un RPG de plusieurs dizaines d’heures résumé en une série de quelques heures au total. Cela sous-entend forcément des coupes scénaristiques. Celles-ci ne sont pas toutes importantes, bien sûr, car propres à ce qu’un jeu peut proposer (dialogues en longueur, leveling, équipement…). Mais, d’un coté, cette comporte une forte empreinte japonisante, puisqu’elle se passe à Shibuya, un quartier typique de la capitale japonaise.

On peut ainsi regretter que finalement, le coté « mode » et visite urbaine ne soient représentés que par les personnages et leurs périples, et rien de plus… Est-ce bien grave ? Pas vraiment, car cela n’enlève en rien le charme de cette Animation, via un style graphique fort et proche de celui du jeu vidéo, ainsi qu’une bande-son très similaire (et qui en reprend des thèmes aussi).

TWEWY The Animation

©SQUARE ENIX/The World Ends with You Project

 

Digne dérivé du jeu

The World Ends with You : The Animation est une fiction qui peut sembler, aux premiers abords, avoir un trait un peu grossier, mais c’est plus un style graphique qu’autre chose, plutôt stylisé et charismatique au final. Ce style semble propice à de la 2D fixe (comme dans le jeu), mais cela donne une pâte propre et forte à cette production assez loin des anime plus classiques.

L’animation y est fluide, et si l’on sent peut-être ce coté « statique » à la façon du jeu (les personnages ne sont pas des images fixes pour autant), ils sont bien animés et créent des scènes d’action et de combat dynamiques et vives. Les couleurs et lumières envahissent l’écran à ces moments de façon très plaisantes, ce qui compense finalement la présence très brève des monstres… Les combats ne sont jamais très longs et durent rarement plus d’une minute voire 3 pour les plus difficiles d’entre eux, difficulté que l’on ressent souvent plus dans les évènements que dans les batailles, d’ailleurs.

En effet, Neku s’avère être un personnage qui devient très vite surpuissant, et les monstres, au design un peu quelconque (ils sont tirés du jeu), sont vite de l’histoire ancienne. Les batailles contre eux, au demeurant très attirants à l’œil, ne durent jamais très longtemps, et on regrette un peu que le protagoniste n’utilise que quelques techniques, là où le jeu en proposait des dizaines différentes.

Cela dit, bien que le rythme soit un peu rapide et mette un certain nombre d’aspects du jeu de coté, la progression est bien portée, grâce à un mélange d’action et de révélations bien dosées pour maintenir en permanence la curiosité à propos de ce qui va arriver. Certains personnages sont assez attachants, et leur doublage convainquant, ce qui donne un bon mélange d’action et de drames jamais trop lourd, jamais trop insistant.

Jeu des Reapers en speedrun ?

Cet anime TWEWY dépose malgré cela quelques petites problématiques, qui mènent à leur tour à quelques clichés de l’animation japonaise. En effet, si dans le jeu les trois parties augmentent le challenge et améliorent le background, l’adaptation dont nous parlons reprend peut-être un peu trop ce rythme. Les interactions entre les personnages sont ainsi parfois trop rapides pour être crédibles – à savoir que plusieurs jours se passent résumés en un seul épisode, l’attachement que Neku et Shiki ressentent l’un envers l’autre n’a donc aucune emprise sur ce que peut en ressentir le spectateur : tout au plus, il se dira « ok, ça fait 20 minutes que vous vous connaissez, quoi ». De ce fait, on a d’autant plus l’impression de rater quelque chose qui aurait pu aller de paire avec une découverte de Shibuya plus poussée…

Les personnages sont, par ailleurs, ce que l’on pourrait un tantinet appeler « clichés » en eux-mêmes, de base : entre Neku le taciturne qui aime le silence et ne cherche qu’à ce qu’on le laisse tranquille, Shiki la gentille compagnonne de base, toujours un petit coté adorable qui tend à ne jamais vouloir qu’il lui arrive quelque chose, ou encore Beat le bourrin bourru au grand cœur qui finira par s’ouvrir… Cela n’empêche en rien de les apprécier si on le veut, car jamais ils ne seront pesants, ennuyeux, inutiles. Leur pouvoir en tant que partenaires de Neku tend d’ailleurs à le rendre très vite surpuissant…

De fait, si dans le jeu on pouvait trouver et utiliser plusieurs dizaines de badges, qui étaient au final des capacités de combat différentes, on regrette un peu que les héros ne se servent au final que de quelques capacités et n’en changent quasiment jamais. Trouver les badges, regarder leurs designs, s’en équiper en fonction de ce que l’on voulait était l’un des points principaux du jeu ; bien sûr, il n’y a pas le temps de perdre plusieurs dizaines de minutes à s’upgrader dans une production animée, mais cela aurait pu apporter plus de diversité dans les capacités, surtout quand celles-ci sont si joliment rendues.

TWEWY The Animation

©SQUARE ENIX/The World Ends with You Project

 

Au final, bien que cette série soit un résumé du jeu vidéo dont elle provient, elle est nettement motivante à retourner vers un RPG des plus originaux et attachants, pour s’en rappeler de bons souvenirs, en attendant de pouvoir mettre la main sur NEO : The World Ends with You  ou de pouvoir recoucher au jeu. Pour ceux qui ne s’y sont jamais essayé, elle restera sans doute un dessin animé plus classique, qui sort un peu plus du lot par son trait et sa bande-son, mais dans tous les cas, cela reste une adaptation attachante, qui travaille peut-être un peu maladroitement son rythme mais digne de ne pas être considérée comme un simple portage jeu vers anime comme d’autres ont eu le droit. Comme le dit l’un des morceaux de la bande-son du jeu : « Give me give me chance ! ». Vous ne devriez pas le regretter, et qui sait, cela vous fera découvrir une production marquante de la NDS.

The World Ends with You, RPG des plus originaux pour sa console d’origine, n’aura malheureusement pas eu la chance d’être aussi bon dans son dernier portage. La série dérivée, quant à elle, s’avère fidèle bien qu’étant plus un résumé qu’autre chose, mais elle pourra très certainement faire passer un bon moment grâce à une ambiance visuelle et sonore respectés. En attendant d’éventuellement pouvoir mettre la main sur la suite, NEO The World Ends with You…

Voyage à Shibuya organisé par Camille Cuny et Antoine Pignot.

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