Le ciné s’invite aussi dans la hotte du père Noël !

Qui dit Noël dit quête du cadeau qu’on rêverait parfait, aussi original que pertinent. Après les livres et la musique, place au 7e art avec notre sélection d’idées cadeaux autour du cinéma de fiction et des films d’animation nippons qui raviront vos proches les plus cinéphiles.

Miser sur les valeurs sûres

Les valeurs sûres, ce sont celles reconnues autant par les professionnels que par le public. Et niveau reconnaissance, quoi de mieux pour débuter cette sélection que la palme d’or 2018, Hirozaku KORE-EDA, avec ce joli coffret contenant 3 de ses films : I wish, nos vœux secrets, Tel père, tel fils et Après la tempête. La bonne idée de ce coffret ? Extraire de la filmographie du réalisateur, qui repose sur le thème évident de la famille, les films qui mettent en avant la relation père-fils. Un cadeau idéal pour les papas cinéphiles.

Autre chouchou des festivals : l’incontournable Takeshi KITANO et son cinéma oscillant entre comique et violence, qui ne laisse pas indifférent et touche souvent au cœur. Trois de ses premiers films sont proposés avec ces éditions au packaging soigné et coordonné : Jugatsu, Sonatine et Violent cop. Graphisme épuré, couleurs pétantes, chaque boitier résume en une image à la fois le style du réalisateur et le sujet du film. Proposés en achat individuel, cela permet à tous les budgets d’y trouver leur compte. Et pour prolonger le plaisir, pourquoi ne pas en profiter pour coupler un ou plusieurs de ces films avec l’autobiographie du réalisateur ? La Vie en gris et en rose est un récit très oral et décomplexé, autoportrait touchant, souvent violent, dans lequel KITANO expose la toile d’une enfance qui augurait déjà les thèmes de ses métrages, de la douceur de Kikujiro à la virulence de Hana-bi.

Contemporain de Akira KUROSAWA et Kenji MIZOGUCHI dans les années 1950, la présence de Mikio NARUSE sur le marché de l’édition DVD a toujours été très mineure. Carlotta Films nous propose donc une petite session de rattrapage avec l’édition de 5 films inédits du réalisateur. Grand spécialiste des mélodrames, la sélection faite par Carlotta nous force à constater que la maîtrise de NARUSE dans ce genre frôle simplement la perfection. Le seul défaut de ce coffret, c’est simplement qu’il n’y en ai pas !

Ryusuke HAMAGUCHI est reconnu aujourd’hui comme le petit prodige du cinéma japonais contemporain. Auteur de films fleuves sur un quotidien qui n’est jamais ce qu’il semble être, le réalisateur aime à titiller le simple fait que rien dans la vie n’est jamais acquis. En résulte des œuvres qui déplient lentement leur intrigue tout en nuances, développant un effet fascinant sur ce qui nous rend vivants : l’amour, l’amitié, la maturité… Le coffret de Senses, le film qui l’a révélé sous nos latitudes, est sorti cette année et, attention, futur classique du cinéma japonais en puissance.

 

Oser des choix plus… rock’n’roll ?

Les valeurs sûres, ça marche toujours bien, mais si votre objectif est de trouver la perle rare qui va secouer l’arbre de noël autant que les rétines de vos proches, alors on passe la seconde ! Car aux côtés des grands noms et des films de mouture somme toute classique cités ci-dessus, l’industrie cinématographique japonaise est forte d’un cinéma moins conformiste, où la liberté de style et celle d’expression donnent naissance à des œuvres géniales, mais où la série B fait également ses choux gras. Des œuvres qui sortent des sentiers battus et rebattus, souvent subversives, parfois transgressives, foutraques, violentes, érotiques… Mais qui laissent rarement indifférents, restent souvent imprimées longtemps dans la boîte crânienne et attirent autour d’elles un nombre croissant de spécialistes et de passionnés.

Commençons « light » avec le talentueux Tetsuya NAKASHIMA, réalisateur du très remarqué Kamikaze girls, et dont un précédent film est sorti en DVD cette année. Memories of Matsuko, auquel nous avions consacré un article, est un film coloré, au rythme soutenu et jouant sur le décalage temporel avec l’utilisation de flashbacks, mais aussi sur le décalage de ton. Car dans cet univers multicolore à grand renfort de chansons et chorégraphies, la vie de l’héroïne est loin d’être rose. Néanmoins, c’est un portrait doux amer de femme qui ne déroge pas à son principe de vie. Une très belle oeuvre mélodramatique à l’univers des plus originaux dans l’industrie cinématographique japonaise, parfait exemple du style unique de NAKASHIMA .

Vous voulez sortir un peu des standards actuels du film d’animation à la Makoto SHINKAI ou Mamoru HOSODA ? Alors la réponse que vous cherchez c’est Masaaki YUASA et ce coffret regroupant les 3 longs métrages cinéma du réalisateur, que vous avez peut être découvert sur Netflix avec Devilman Crybaby. Au programme : Mind game, « le Citizen KANE de l’animation » et son premier film, The Night is Short, Walk on Girl, sorte de prolongement de The Tatami Galaxy, et enfin Lou et l’île aux sirènes, sorti en salle l’an dernier et voulu pour un plus large public. Préparez vous donc à une identité visuelle très originale, mais surtout à être conquis – ou dérouté – par le « style YUASA » : foisonnant, génial, magnifique, inventif, touchant, pop, hystérique, sous LSD, caricatural, naïf, moche, vulgaire… et bien plus encore. Une patte unique qui n’empêche aucunement YUASA de faire une belle carrière et d’être reconnu par les amateurs d’animation autant que par ses pairs, au Japon comme partout dans le monde. Voilà, vous savez.

Enfin, choix un peu plus osé mais tout aussi bon que les précédents, celui de la Nikkatsu ! Nikkatsu, kezako? Société de production et de distribution, entre autres, la Nikkatsu aligne plus d’un siècle de production cinématographique qui a largement compté dans la construction de l’histoire du cinéma japonais. Du cinéma muet en noir et blanc au parlant tout en couleur, elle a permis l’émergence de grands réalisateurs et surtout de genres, du film de sabre à celui de yakusa et au roman porno (ndlr : cinéma érotique). La Nikkatsu a affirmé une identité forte fondée sur le renouvellement perpétuel au gré de l’évolution de la société et, surtout, une liberté de ton et de création assez rare pour être notée. Il en résulte une filmographie diversifiée où non-conformisme et engagement côtoient la série B comme le cinéma d’auteur. Bach Films a eu la très bonne idée de sortir 10 films de la Nikkatsu, en boîtiers individuels ou en coffrets de différentes tailles, aux magnifiques pochettes à l’image des œuvres choisies, toutes représentatives de la production des années 60-70. Des films d’action où les femmes mènent le jeu au volant de leur bécane, sabre à la main et tatouages sur le corps.

 

Et pour plus d’originalité ?

Surprenez encore plus vos proches en évitant les Blu-ray et DVD tout en restant dans le thème du cinéma grâce à ces quelques suggestions qui ne manquent pas de charme, bien au contraire.

Pourquoi ne pas glisser sous le sapin directement des tickets de cinéma pour aller voir le film d’animation Mirai no mirai de Mamoru HOSADA (La traversée des temps, Les enfants loups, Le garçon et la bête) qui sort le 26 décembre sur les écrans ? Fraîchement nommé aux golden globes, ce film ravira petits et grands (accessibles dès 6 ans) et la bande-annonce laisse espérer un film émouvant, magique et de toute beauté. Un choix parfait pour fêter Noël.

Une expo de Naomi KAWASE au centre pompidou ©Leslie kee. Les deux volumes des dictionnaires de l’âge d’or du cinéma japonais ©Carlotta Films

Promesse d’une sortie enrichissante également avec des tickets pour l’exposition des œuvres artistiques de la réalisatrice Naomi KAWASE (Les délices de Tokyo, Still the water) visible jusqu’au 6 janvier au centre Pompidou, que vous pourrez enchaîner avec une séance de son dernier film Voyage à Yoshino qui, croisons les doigts, sera peut-être toujours à l’affiche de votre cinéma. Plus d’informations ici.

Enfin, parce que le cinéma ça se regarde, mais que ça peut aussi se lire, terminons avec les Dictionnaires de l’âge d’or du cinéma japonais dont le volume 2 est sorti cette année. Dommage que les 2 tomes ne soient pas vendus en combo car il s’agit là d’un très joli cadeau pour explorer une période phare de l’histoire du cinéma japonais. Cadeaux parfaits pour tout amateur, averti ou novice, et curieux d’apprendre (ndlr : nos articles sur ces dictionnaires ici et ).

 

Voilà qui conclu cette petite sélection d’idées cadeau sur le thème du cinéma japonais. Si vous avez trouvé d’autres bonnes idées, n’hésitez pas à nous en faire part en commentaire. Et pour de beaux livres, de la bonne musique et bientôt le top de jeux vidéo, toujours nippons, direction nos autres sélections de noël 2018.

Em B

Eto...

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