Kinotayo 2017, partie 2 : MATSUI, dernier rempart avant la débâcle

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10 réponses

  1. Nill Newt dit :

    un peu court voire à côté de la plaque sur “The Long Excuse”. Le personnage de Sachio est aussi complexe que détestable, son intérêt pour les enfants de Yoichi n’est qu’un bouche-trou pour combler une existence vide et dénuée de tout amour ou authentique intérêt pour quiconque, comme cela saute aux yeux quand il constate qu’un modeste routier a su trouver une femme qui va donner -à un ‘rustre’ – ce que lui n’est capable ni de donner ni de recevoir, il s’en offusque et montre son vrai visage. Sans faire aussi bien que Sway ou Dear Doctor, Nishikawa signe un film tout à fait honorable…

    • Pierre G. dit :

      Honorable c’est le mot … Reste que le mot de la fin n’est pas d’une finesse remarquable. De même pour toutes les thématiques abordées, qui sont davantage racontées lorsque l’on lit le petit synopsis avant d’aller voir le film, parce qu’il ne faut pas compter ni sur la mise en scène ni sur le jeu d’acteur pour communiquer quoi que ce soit.
      N’est pas Kore-Eda qui veut, et la simple annonce de cette phrase compte tenu du dernier film du cinéaste en dit long sur la qualité, ou plutôt sur l’absence de qualité – qui n’est pas en soit un si gros problème – de The Long Excuse.

  2. Nill Newt dit :

    “parce qu’il ne faut pas compter ni sur la mise en scène ni sur le jeu d’acteur pour communiquer quoi que ce soit” lol, affaire de ressenti. Quant à la tirade sur Kore-Eda, je ne vois pas trop le rapport ??? En quoi The third murder et The long excuse sont-ils comparables?

    • Pierre G. dit :

      Depuis quand la mise en scène est affaire de point de vue ? On peut être plus ou moins sensibles ou tolérants à certains effets bien sur, mais ici ce n’est pas ce dont je parle.
      Si tu est ému par un champ-contrechamp c’est ton affaire, mais tu admettera qu’il ne s’agit pas d’une fulgurance de mise en scène.
      La question du jeu d’acteur est plus personnelle, mais enfin on est devant un film d’un extrême classissisme sur ce point, et sur les autres également.

      Je parle de Kore-Eda car c’est depuis quelques années le japonais qui s’illustre dans la production de petits melo japonisants à l’imagerie simple mais aux thèmes efficaces. En somme exactement le terrain de The Long Excuse. Sauf que là, rien ne se produit sinon le constat d’un triste académisme.

      Je n’ai pas vu les films de Daigo Matsui et je doute effectivement de leur valeurs féministes sur lesquelles je suis rarement d’accord avec l’auteur de l’article. Alors au moins nous somme à peu près d’accord sur un film x) bien que je ne l’ai pas vu ^^

      • Nill Newt dit :

        “La mise en scène est selon la définition d’André Antoine (considéré en France comme le premier metteur en scène) « l’art de dresser sur les planches l’action et les personnages imaginés par l’auteur dramatique ». C’est l’ensemble de toutes les dispositions relatives à l’action, aux mouvements isolés ou concertés des acteurs, aux incidents qui doivent se produire autour d’eux, aux meubles, objets, accessoires, etc. La mise en scène, réglant les moindres détails, a pour effet d’assurer le jeu de chaque acteur et l’harmonie générale de l’exécution. On n’arrive à ce résultat qu’au prix de beaucoup d’habileté et d’expérience, par de nombreuses répétitions et la confiance mutuelle que donne aux acteurs l’habitude de jouer ensemble.” et bien évidemment aucune place là-dedans, aucune pour la subjectivité et l’appréciation. Une mise en scène est habile, académique, efficace , adjectif X, qualificatif Y, selon un schéma traduisible en équations, bien évidemment. Je me demande pourquoi les grands mathématiciens ne sont pas conviés à faire du cinéma, on s’emmerderait moins.

        “Si tu est ému par un champ-contrechamp c’est ton affaire” you’re talking to me? Ne me prêtez pas des propos ou des pensées que je n’ai pas. Meeeerci beaucoup.

        “enfin on est devant un film d’un extrême classissisme” et? le classicisme c’est euh … mal?

        “Je parle de Kore-Eda car c’est depuis quelques années le japonais qui s’illustre dans la production de petits melo japonisants à l’imagerie simple mais aux thèmes efficaces.” eh bien ça en fait du monde qui fait du Kore-Eda, sans le savoir sans doute.

        “au moins nous somme à peu près d’accord sur un film x) bien que je ne l’ai pas vu ” après avoir décodé le sens de cette tirade, je me dis qu’avec tous ces posts, j’ai parfaitement perdu mon temps. Je vous laisse à vos certitudes, à la sûreté scientifique de votre bon goût et de vos jugements, surtout sur ce que vous n’avez même pas vu. Vous aurez au moins gagné une chose, la certitude que je ne viendrai plus commenter sur ce forum. Bonne soirée ou journée xxxD

        • Pierre G. dit :

          Je ne vois pas trop pourquoi tu me parle de André Antoine enfin, voila une citation de André Bazin qui n’a elle aussi pas grand chose à voir mais qui à le mérite de ne pas me demander de recopier mon livre “L’un des plus grands metteurs en scène d’Hollywood, Wyler, n’a vu du cinéma italien de ces dernières années que Rome ville ouverte et du cinéma français que la Femme du boulanger, plus un ou deux films de Duvivier ou de Carné. L’inculture historique et géographique est à peu près générale dans la création cinématographique.” fais en bien ce que tu veux j’espère avoir répondu à ton intellect ;).
          Le classicisme n’a rien de mal non. Seulement on ne parle pas ici de classicisme au sens ou Mizoguchi, Kubrick ou peu importe sont classique, mais au contraire d’un classicisme dans le sens ou tout ce que le film produit est exactement ce qu’on attendait qu’il produise. Un plan est filmé d’une façon parce que tous les grands cinéastes ont ainsi filmé ce type de plan par le passé. C’est bien gentil d’être classique, mais les grands auteurs classiques se sont justement affirmés comme tels en faisant des choix de mise en scène, ici, le film applique une formule, piquée à un autre cinéaste très classique.
          Vu le succès de Kore-Eda en festival, oui, beaucoup font du Kore-Eda, mais non, peu l’ignorent car beaucoup cherchent à l’imiter. Certains y arrivent, The Long Excuse n’y arrive pas. D’autres ne l’imitent pas (Kurosawa) et d’autres font encore pire (Kawase) et pourtant parviennent à être sélectionnés en festival je ne réduit pas le cinéma japonais de festival (genre à part entière) à un seul type de film.

          Voila ce que ça apporte d’essayer d’être sympas … Heureusement qu’il ne s’agit que d’une partie commentaire d’un site que se passe très bien d’intellectuel de bas étages, la vulgarisation ne s’adresse pas aux gens possédant comme vous une telle culture sur l’empire du soleil levant.
          Je vous pris de revenir régulièrement nous éclairez de vos lumières,

          Cordialement,

          Un admirateur.

          • Nill Newt dit :

            mh, comme un ami m’a signalé ce qui était écrit ici, voilà, ceci, histoire de faire retomber un peu la pression. Je tiens vraiment à m’excuser si vous vous êtes senti agressé. Mea culpa en grande partie. Mon ton flirtait trop avec l’ironie, et pouvait donc légitimement vous agacer voire plus. Disons que j’aurais pu et dû exprimer mes désaccords avec plus de diplomatie, ça aurait évité qu’à votre tour vous alliez euh, un peu loin peut-être. Si vous le souhaitez mais rien ne vous y oblige, contactez moi via Facebook, histoire de clarifier et surtout d’éviter d’importuner les lecteurs de passage sur ce forum. Sans rancune :).

          • Paul OZOUF dit :

            Bonjour Nill,

            Paul OZOUF, rédacteur en chef de Journal du Japon. Merci de nous avoir lu tout d’abord et d’avoir pris le temps de partager vos opinions.

            J’ai suivi vos débats avec Pierre, pas inintéressant du tout sur le plan cinématographique, d’autant que vous partez de deux visions très éloignées, ce qui est toujours source d’incompréhension mutuelle – et de quelques accrochages, mais ça ce sont des choses qui arrivent, surtout entre gens passionés. Mais pour une fois, au milieu des différents, il y a des vrais points de vue sur le cinéma japonais.

            Je préciserai donc que ces désaccords n’ont pas besoin d’être résolus, que l’avis de l’un n’a pas vocation à l’emporter sur l’autre et qu’il n’est pas nécessaire de convaincre pour le débat soit réussi, c’est dans l’échange des points de vue que les lecteurs pourront piocher des idées et des pistes de réflexion. Ou des envies de voir les films cités pour se forger une opinion. C’est aussi comme ça qu’est construit l’équipe de Journal du Japon, les deux parties du bilan sur le Kinotayo sont fait par deux rédacteurs qui ont eu des avis mitigés sur le festival mais pour des raisons différentes. Tout ça pour dire que, tant que l’on garde en tête qu’un désaccord critique n’est pas une attaque personnelle, il y a de la place pour toutes les opinions chez nous !

            Cordialement

  3. Nill Newt dit :

    “On regrettera par ailleurs que les mouvements féministes occidentaux préfèrent faire l’éloge de films artistiquement insignifiants comme Wonder Woman de Patty JENKINS plutôt que de véritables œuvres faisant preuve d’une réelle intelligence telle que Haruko Azumi is Missing.” sauf que… sauf que ce par ailleurs très bon film tombe complètement dans le travers et le cliché propre à certains courants du féminisme radical à l’occidentale, à savoir une misandrie totale et profonde. Pas un seul mâle pour en racheter un, tous sont des caricatures ambulantes téléguidés par leur quête du pouvoir, de l’argent et pour beaucoup par leurs hormones. Le regard porté par la caméra sur les justicières amazones qui cassent tout ce qui est mâle est étrangement complaisant. Quant à Takahata Mitsuki, le personnage le plus attachant du film (sa performance est à mon avis plus intéressante que celle de Yu Aoi, très bonne, mais qui semble cependant davantage traverser l’histoire que la vivre), il est évident que cette pauvre fille perdue et ‘facile’ parce que perdue et en quête de reconnaissance et d’amour, elle ne peut qu’engendrer l’empathie puisqu’elle a affaire (c’est le cas de le dire) à d’authentiques blaireaux qui ont leurs testicules en lieu et place d’hémisphères cérébraux. Rien mais absolument rien à voir avec le personnage de Nana (Nana Komatsu) dans Destruction Babies où le personnage déjà peu sympathique au départ devient par la suite encore plus sombre et détestable. Propos, performance, but et discours sous-jacent, on est en plein dans “apples and oranges” là. Votre critique du film a au moins le mérite de mettre l’accent sur effectivement un nouveau talent et un film qui ne manque ni de force émotionnelle ni d’originalité.

    • Pierre Lauret dit :

      Bonjour Nill Newt,

      Tout d’abord, j’arrive un peu après la guerre pour réagir à votre opinion, je m’en excuse. Je laisserais le débat autour de The Long Excuse de côté puisque les propos entre Pierre G. et vous même se recoupe assez bien, et la conclusion de Paul – notre bien-aimé rédacteur en chef – apporte une conclusion des plus intéressantes. Dès lors, je me permets de répondre au sujet de Haruko Azumi Is Missing puisque cela n’a pas été fait et que ce film est l’un de ceux qui me tient à coeur. Je réagirais de manière directe à vos citations par soucis de simplicité et de gain de temps (désolé si la méthode ne convient pas).

      “Pas un seul mâle pour en racheter un, tous sont des caricatures ambulantes téléguidés par leur quête du pouvoir, de l’argent et pour beaucoup par leurs hormones.”
      Tout d’abord, j’aimerais revenir sur l’inexactitude de cette affirmation, en mettant en avant notamment, le personnage d’ami d’enfance de Haruko Azumi. Celui-ci soulève un aspect du film que je n’ai que trop peu développé – à mon plus grand malheur -, le format de bilan du festival obligeant. Si effectivement, les deux se livrent aux plaisirs de la chair c’est de manière consentie et non pas sous-couvert d’un message type “il ne parle à Haruko Azumi juste pour coucher avec”. A mon sens, celui-ci symbolise justement le message générationnel du film et non pas celui du féminisme. Le fait qu’ils couchent ensemble de manière désabusée, mécanique voire par ennui, vient souligné cette génération dénuée d’envie qui n’a aucun objectif concret, etc.. Il est ce que Haruko Azumi représente.

      “Le regard porté par la caméra sur les justicières amazones qui cassent tout ce qui est mâle est étrangement complaisant.”
      De plus, n’oublions pas que le film de Daigo Matsui tient bien plus du conte voire de la fable plus tôt qu’un portrait réaliste. Ainsi, Daigo Matsui utilise cet “objet de cinéma” qu’est la jeune lycéenne japonaise qui est bien souvent symbole de liberté. Ici, la jeunesse additionné à la supposée liberté lycéenne vient symboliser une nouvelle génération qui viendrait renverser les travers d’une société nipponne [qui est à détruire absolument]. (cette dernière partie entre crochet est de moi et non pas de Matsui).

      De surcroit, (ici je ne réagis à aucune phrase particulière mais je juge important de le préciser), n’oubliant pas que la condition de la femme au Japon ou en Corée (ce qui est assez similaire sur ce sujet) n’est pas exactement comme en France. Un fait parmi d’autre, observons le manque d’existence du phénomène du #metoo dans ces pays susmentionnés.

      “Quant à Takahata Mitsuki, le personnage le plus attachant du film (sa performance est à mon avis plus intéressante que celle de Yu Aoi”
      Difficile de débattre à ce sujet comme le mentionnais Pierre G. Il est intéressant aussi de distinguer actrice/personnage. Car en réalité, vous êtes surement d’acteur, la partie dramatique du film porte belle et bien sur Takahata Mitsuki alors que la partie métaphorique sur Yu Aoi. Deux personnages bien différents en somme dont découle deux performances inévitablement. L’affect – pour Yu Aoi et pour le type personnage – occasionne une préférence pour ma part une admiration pour cette performance désabusée. Mais à mon sens, les deux performances sont incroyables.

      “Rien mais absolument rien à voir avec le personnage de Nana (Nana Komatsu) dans Destruction Babies”
      Comme mentionné dans l’article, je parlais de Nana Komatsu dans le cadre d’un type de personnage que l’on retrouve souvent dans le cinéma japonais : “le personnage féminin fantasque qui peut s’avérer horripilant dans sa fantaisie”. Ayant tout d’abord des difficultés avec ce type de personnage, je soulignais le fait que Takahata Mitsuki réussissait la performance de rendre son personnage très attachant, là où Nana Komatsu était détestable – le fait d’être une actrice tout aussi détestable n’aidant pas -.

      “Votre critique du film a au moins le mérite de mettre l’accent sur effectivement un nouveau talent et un film qui ne manque ni de force émotionnelle ni d’originalité.”
      Et comme la conclusion de l’article, je n’aime pas soulever que les points négatifs. Je dois tout de même vous remercier pour ce commentaire – et pour les autres qui bien que s’opposant à moi, atteste que mon article a été lu -. Et je me réjouis de voir, que je ne suis pas le seul qui place de l’espoir dans le cinéma de Daigo Matsui.

      Bien cordialement,
      Le rédacteur de cet article

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